Avis : (Par François) Souvenez-vous ! Nous étions en 2019 et Prime Video jetait un véritable pavé macabre dans la mare des productions de super héros trop lisses ! Avec la série « The Boys », c’est la découverte d’un ton profondément irrévérencieux qui s’est abattu- pour notre plus grand plaisir- sur la plateforme. Ainsi, après quatre saisons où l’excès gore rivalisait avec des piques politiques de plus en plus acérées, le showrunner Eric Kripke promettait un final monumental pour cette cinquième et ultime saison. Pourtant, si les premiers épisodes intriguaient, le soufflé est très vite retombé, provoquant un ennui poli (dans le meilleur des cas) auprès des fans de la première heure. La série s’enfonce dans une torpeur difficile à ignorer. Le ventre mou est flagrant : les enjeux stagnent, les confrontations psychologiques entre Supes et Boys tournent en rond, et la tension dramatique se dissout peu à peu. Même la dimension subversive qui faisait la force du show laisse place à un remplissage laborieux, c’est dire ! Pourquoi ne pas avoir adopté un format plus resserré ? Une mini-série de quatre à cinq épisodes aurait été parfaite ! Alors que s’est-il passé ? Outre le problème de rythme nous pouvons citer : une narration qui fait du surplace, des scènes manquant d’ampleur et même un second degré assez lucide qui nous a envoyé le message : « la production est fauchée, alors on bricole ! ». Un paradoxe pour une série qui a toujours revendiqué son audace. Mais le crime de lèse majesté concerne le cross-over avec « Gen V ». Les personnages du spin-off, pourtant porteurs d’enjeux solides, sont parachutés sans finesse, réduits à des caméos qui ne servent qu’à valider une logique d’univers partagé, sans impact réel sur l’intrigue. Nous avons en tête le personnage de Marie Moreau- considérée comme la seule pouvant affronter sereinement Homelander- qui est ici totalement sacrifiée et jetée vivante aux oubliettes d’un immense gâchis. Même l’ultime chapitre ne parvient pas à sauver l’ensemble. Sa structure paresseuse expédie les résolutions majeures sans nuance, sacrifiant la cohérence de l’univers au profit d’un simple checklist narratif. Alors que nous étions en droit d’attendre un coup d’éclat, on obtient un coup d’épée dans l’eau. Parmi les éléments entassés dans la dernière ligne droite figurent le rôle d’Oh Father, la lutte pour la direction de Vought, le destin de Stella, la relation père-fils Homelander/Ryan, ainsi que les traumatismes de Kimiko. Tout se bouscule sans jamais respirer, au point que l’épisode frôle l’indigestion. Cependant, il est important de relativiser. Il ne faudrait pas jeter l’eau du bain avec bébé. Les mises à mort baroques prêtent à sourire et malgré une fin trop vite expédiée, une certaine forme de « justice » émerge et satisfait (à minima) le spectateur. De plus, une fois encore Antony Starr demeure impérial dans son rôle de tyran narcissique. Mais ces qualités ne suffisent qu’à maintenir la tête hors de l’eau d’une saison finale qui manque cruellement d’ambition. On quitte « The Boys » avec un sentiment amer : celui d’une série qui, au moment de tirer sa révérence, a préféré la prudence à la démesure qui faisait sa force. Il nous a même semblé que la dernière saison de Game of Thrones, malgré la déception ressentie, offrait une meilleure résolution. C’est dire..
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★★★★★: Coup de coeur ★★★★: Excellent film ★★★: (Très) bon film ★★: Peu mieux faire ★: Passable ○: On en parle? |