Anima 2026
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Cette année au programme du Festival International du Film d’Animation de Bruxelles, on pouvait découvrir une expo dédiée au Secret des mésanges, le film d’Antoine Lanciaux. Le directeur artistique des décors du film, Samuel Ribeyron, a mis à disposition des visiteurs plusieurs saynètes tirées du long métrage réalisé à partir de papiers découpés. Les petits pantins de papier créés par Sophie Roze revivaient ainsi leurs aventures plaqués sur les décors utilisés pour le film. Une seconde exposition fêtait les 45 années d’existence du festival en présentant toutes les affiches des éditions passées.
Les films découverts au festival cette année : D’un côté, deux films sortis simultanément au cinéma, le nouveau film du Japonais Mamoru Hosoda, « Scarlet et l’éternité », et une coproduction belgo-espagnole dont l’avant-première belge a eu lieu au festival, « Le trésor de Barracuda », lauréat du Prix du public du meilleur long métrage pour jeune public cette année. Suivez les liens pour en lire les avis complets. De l’autre côté, quelques longs métrages en compétition découverts dans la programmation qui n’auront sans doute pas tous le bonheur d’être distribués sur le marché belge. |
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C’est parti pour les découvertes :
La mort n'existe pas (Canada, 2025, conseillé à partir de 16 ans) Résumé du film : Après un attentat raté, Hélène s’enfuit en forêt, abandonnant ses compagnons. Mais Manon, son amie et ancienne complice, revient la hanter. À travers vallées mystérieuses et paysages oniriques, elles affrontent violence, culpabilité et engagement. Une fable intime et politique sur les choix impossibles et les métamorphoses d’un monde en crise. Note du film : ★(★) (par Muriel) Avis : Le film d'ouverture du festival, qui faisait partie de la sélection officielle, est entièrement dessiné à la main sur tablette graphique. |
Sur un sujet assurément adulte, le style graphique invite à la contemplation sur fond de critique politique et sociale. Parfois violent dans ses actions, mais toujours poétique dans ses propos, la narration en est atypique et peut tout autant séduire que désarçonner les spectateurs. On y parle de courage, de peur, d’extrémisme et de pardon. Il m’a été difficile de m’intéresser au personnage de Hélène qui, après avoir convaincu ses amis de passer à l’action, prend peur et fuit en les abandonnant à leur triste sort. Poursuivie et prise de remords, son subconscient va lui jouer des tours en la confrontant aux fantômes de ses amis morts pour leur mission. Le tout baigne dans un symbolisme plus ou moins évident qui, pour ma part, ne m’a pas emportée, même si les dialogues sont plutôt réussis. Une curiosité pour spectateurs à la recherche de quelque chose de différent.
Animation/Drame - 1h12 - De Félix DUFOUR-LAPERRIÈRE
Animation/Drame - 1h12 - De Félix DUFOUR-LAPERRIÈRE
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Les Contes du pommier (République tchèque, 2025, conseillé à partir de 6 ans)
Résumé du film : Trois enfants passent la nuit chez leur grand-père. Pour combler le silence laissé par le décès de leur grand-mère, la conteuse de la famille, ils commencent à créer leurs propres histoires et découvrent le pouvoir de l’imagination. Ce film réconfortant célèbre la créativité et sa magie curative. Note du film : ★★ (par Muriel) Avis : Un tout mignon film d’animation en volume (stop motion) avec des personnages attachants et un message universel d’espoir sur un sujet triste (la perte d’un être cher et le deuil), mais qui s’adresse aux enfants. Tout se passe à leur niveau et est traité de façon si subtile et délicate que l’on en ressort le cœur gros. |
Le film, lauréat du Prix du meilleur long métrage pour jeune public au festival Anima, sera distribué dès le 15 avril en Belgique par Le Parc Distribution - Les Grignoux asbl, et je vous encourage à y emmener les jeunes enfants qui ont un lien particulier avec leurs grands-parents, l’histoire leur parlera assurément, même si, évidemment, tout le monde peut comprendre les sentiments mis en scène à l’écran, quel que soit son âge.
Stop motion/Animation - 1h20 - De David SÚKUP, Patrik PAŠŠ, Leon VIDMAR et Jean-Claude ROZEC
Stop motion/Animation - 1h20 - De David SÚKUP, Patrik PAŠŠ, Leon VIDMAR et Jean-Claude ROZEC
Équipe belge du Trésor de Barracuda, marionnettes des Contes du Pommier et Olivia
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ChaO (Japon, 2025, conseillé à partir de 10 ans)
Résumé du film : Dans un monde où humains et sirènes coexistent, Stephan, employé dans la construction navale, est demandé en mariage par Chao, une princesse du Royaume des Sirènes ! Sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive, Stephan se retrouve en couple avec Chao, et tombe peu à peu amoureux. Le dernier film plein d’humour et de love du Studio 4°C. Note du film : ★★ (par Muriel) Avis : Prix du jury au festival d’Annecy en 2025, voilà un animé atypique issu du studio japonais Studio 4°C qui avait imposé son style graphique unique avec « Animatrix » et la trilogie de films « Berserk : L'Âge d'or ». |
Couleurs criardes, personnages attachants ou agaçants ou les deux à la fois, montage nerveux, animation en 2D qui se mélange à la 3D, un beau charivari qui approche de près l’overdose visuelle mais réussit par miracle à maintenir l’attention jusqu’au bout. Les personnages principaux sont loin d’être parfaits et la romance qui unit le jeune héros humain à la sirène métamorphe ne repose sur aucune base solide (quelques moments “cringe” pour nos yeux occidentaux), mais pourtant on s’y attache et on veut voir comment leurs mésaventures vont se terminer. Une sorte de "Petite Sirène" moderne qui crée tout un univers autour de ses personnages, la minutie apportée à construire cette ville portuaire avec tous ses détails et ses habitants étranges rend le film aussi passionnant pour son histoire que pour ses décors.
Animation - 1h30 - De Yasuhiro AOKI
Animation - 1h30 - De Yasuhiro AOKI
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La Fabrique des monstres (Allemagne, 2025, conseillé à partir de 7 ans)
Résumé du film : Dans le vieux château de Grottegroin, un savant fou crée des monstres aussi drôles qu’attachants. Oublié depuis des années, P’tit Cousu, en quête d’amour, veille sur eux… jusqu’à l’arrivée d’un cirque prêt à tout pour en faire son attraction. Entre humour, aventure et acceptation de soi, une fable tendre et monstrueusement charmante. Note du film : ★★ (par Muriel) Avis : Encore une jolie surprise que ce film en animation 3D coproduit par l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Luxembourg. On lorgne ici allégrement du côté de Tim Burton, avec de sérieux emprunts à son « Edward aux mains d’argent ». |
Un savant fou, des créatures plus étranges les unes que les autres créées de toutes pièces, un château lugubre perché en haut d’un promontoire, un village dont les habitants craignent les expériences qui se trament là-haut et un petit héros défiguré qui veut juste être aimé. Familier, n’est-ce-pas ? Et le plus extraordinaire, c’est que ça marche ! Tout à fait adapté aux enfants et amusant pour les plus grands, l’animation en est fluide et agréable, les personnages sont bien amenés, l’humour fait mouche. La seule critique que je pourrais faire est sur les chansons, déjà pas forcément nécessaires dans un film d’animation, je les trouve un peu faciles, les mélodies sentant le réchauffé. Mais peut-être les enfants seront-ils moins critiques que moi... Quand l'univers de Tim Burton et le cirque de “freaks” se rencontrent, cela donne ce joli conte gothique pour enfants.
Animation - 1h32 - De Steve Hudson
Animation - 1h32 - De Steve Hudson






