Et pourtant, « Die my love » interpelle, fait écho auprès de ces jeunes mamans qui voient leur couple et leur vie voler en éclats lors de l’arrivée d’un bébé. Dépossédée de sa vie, de sa liberté, de l’essence même de ce qu’elle était, Grace assure son rôle de mère comme un automate, s’attache à son fils et subvient à ses besoins ni plus ni moins… Et alors que Jackson gagne la ville pour son travail et s’absente de plus en plus, Grace elle, s’isole, s’évade quand elle le peut mais peine à trouver la bouffée d’oxygène nécessaire à sa survie personnelle et professionnelle… Sur le papier, « Die my love » avait tout pour livrer un drame psychologique dense et il l’est en partie. Jennifer Laurence est excellente dans son interprétation tant dans la bestialité de certain(e)s actes/scènes que dans la folie qui la gagne peu à peu. Habitée par son personnage, elle est plus que crédible et porte véritablement le film sur ses épaules. De même, l’isolement de la maison, les couleurs ternes de l’habitation et le souffle de vie inspiré à la nuit tombée contribuent à rendre anxiogène une situation qui ne peut que s’empirer sans aide extérieure ou compréhension. Tendue en permanence, l’intrigue joue avec nos nerfs, nous laisse entrevoir l’apparition de drames qui n’en sont pas, nous laissant dans une angoisse perpétuelle vécue et exprimée par un Robert Pattinson toujours très impliqué dans son rôle de père et mari horrifié. Mais le souci majeur du film est qu’il est inutilement long. Passé la première demi-heure de film, on comprend et on sait vers où le long-métrage va nous emmener et on peine à comprendre certains arcs narratifs venus s’immiscer dans l’intrigue principale sans la servir réellement. Le récit est étiré en longueur, déstructuré entre scènes du présent et réminiscence du passé (ou hallucinations) et on s’ennuie dans sa deuxième partie qui nous parait interminable. Alors oui, Lynne Ramsay a eu l’intelligence de présenter la maternité comme une prison qui empêche parfois les mères de vivre, s’épanouir et garder un cap. Mais fallait-il la mettre en scène de façon si déstructurée, si redondante ? Pire, le film est tellement axé sur les conséquences d’une situation qu’on en oublie de s’attacher aux personnages ou d’éprouver une once d’empathie pour eux. Le film est beau, le sujet important mais « Die my love » est trop monocorde ou radical pour qu’on le défende vraiment.
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