Son regard documentaire et sa précision chirurgicale parviennent une nouvelle fois à passionner et à nous faire sentir concerner et nous immerge dans une qui nous laisse le souffle court et le cœur en berne. Dès les premières minutes, le film impose un brin de poésie, le dernier avant la tragédie humaine qui attend ce couple de jeunes parents en quête d’espoir outre-Manche. La réalité brute du transport en fourgonnette sans peu d’humanisme, la chasse aux passeurs, la traque sur écrans depuis le central, tout se mêle dans un rythme d’une efficacité redoutable. La réalisatrice ne nous laisse aucun répit, nous entraînant dans une course effrénée où l’enjeu n’est rien de moins que la survie, ou du moins, la quête d’une place dans un monde qui ne fait pas de cadeaux. La grande force de Marta Bergman, c’est sa mise en scène et son refus total du manichéisme. On aurait pu tomber dans le mélodrame ou dans le thriller déshumanisé. Mais ici, elle choisit de ne prendre parti pour personne, ne jamais juger ses personnages, aussi coupables ou faillibles soient-ils. Plus qu’un fait divers ou qu’une chronique sociale, « L’enfant bélier » fait de nous un témoin d’une humanité qui se perd, où la fuite semble la seule issue possible. La caméra est proche de ses personnages, elle filme l’espoir, la fatigue ou la peur avec une sincérité qui force le respect. C’est un film qui se ressent autant qu’il se regarde, une démarche nécessaire qui nous rappelle que le cinéma peut dénoncer tout en gardant un brin d’empathie pour le sujet qu’il filme. Court, il tient en un peu plus d’une heure tous les enjeux nécessaires pour comprendre l’affaire Mawda et le rôle de tous dans ce drame.
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