Dans son dernier long-métrage, la réalisatrice japonaise Hikari nous offre bien plus qu’une simple comédie dramatique : elle nous livre une véritable bouffée d’air frais, une parenthèse enchantée on peut plus touchante ! Et pourtant, le défi n’était pas aisé. En nous plongeant dans l’univers étrange (et fascinant) d’une entreprise de services de "location de famille" au Japon, nous aurions pu tomber dans la comédie futile, le drame attendu ou un périlleux équilibre entre les deux. Ici, rien de tout cela ! En suivant le personnage de Philipp, un acteur américain en quête de rôles au cinéma (interprété par un Brendan Fraser plus touchant que jamais), on se laisse aller à la découverte des traditions japonaises, de la vulnérabilité de ses clients, de leur vide affectif et de leurs besoins d’avoir une vie « normale » ou sociologiquement acceptable. C’est que ce qui commence comme une simple prestation professionnelle (déconcertante pour notre héros comme pour nous), va peu à peu glisser vers une quête d'identité, de service rendu sans intérêt et juste par altruisme. Sans jamais tomber dans le pathos, Hikari explore ces solitudes multiples qui marchent dans les rues de Tokyo, se croisent et finissent par se soigner les unes les autres. C’est un film sur les masques que l’on porte mais aussi et surtout sur cette vérité qui finit toujours par transparaître et la beauté de l’âme humaine. Hikari ne juge jamais ses personnages, même lorsqu'ils s'enferment dans le mensonge de la "famille à louer". Sa mise en scène classique mais soignée, transforme un Tokyo nerveux en une scène idéale pour les individualités et cela fonctionne dès ses premières minutes ! Mais que serait « Rental Family » sans son immense acteur ? Le cœur battant du film, c'est lui ! On adore retrouver Brendan Fraser dans ce registre tant il apporte au personnage une pudeur et une tendresse infinies. Loin des artifices, il joue avec son regard (de chien battu tout adapté au rôle), sa carrure imposante mais habitée par une âme d’enfant. Foncièrement gentil, il apportera autant aux autres qu’à lui-même, pas des gestes, des interdits, des écoutes et une présence rassurante. Expatrié et lui-même fragilisé par son passé, Philip ne parle pas beaucoup, tout doucement et apporte un côté rassurant à tous ceux qu’ils croisent, nous y compris. La complicité avec ses partenaires japonais est évidente et le développement des dialogues et de l’intrigue prouvent que l'émotion et la bienveillance n'ont pas besoin de traducteur, surtout quand on parle la langue du cœur ! Et si la mouture du film peut sembler classique, ce n’est pas là que réside la beauté du film, il brille par sa générosité, par son authenticité, son humanité. L’émotion est juste, jamais forcée. Là où « Peacock » avait exploité le même thème avec un aspect dramaturgique plus frontal, « Rental Family » le fait avec douceur, délicatesse et générosité de cœur.
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