Pourtant, nous avions aimé errer dans le superbe « First Cow », découvert il y a quelques années au Festival du Cinéma américain de Deauville (où son nouveau long-métrage a aussi été présenté). Et la promesse faite par « The Mastermind » avait tout pour nous séduire tant le film nous plonge avec une beauté visuelle saisissante dans une reconstitution d’une justesse folle. Chaque plan délivre un grain particulier, chaque scène est une invitation à redécouvrir les 70’s . L’esthétique est irréprochable et est, comme pour « First Cow », portée par une direction artistique qui force le respect. Le casting, emmené par un Josh O’Connor toujours aussi habité est irréprochable, convainc des premiers aux secondes rôles. D'ailleurs, Josh O'Connor parvient à insuffler une humanité fragile à ce père de famille gentiment foireux et ambitieux, une attitude lunaire qui s'accorde pleinement avec le propos du film. On est d’abord séduit/surpris par l’humour qui se dégage dans la première partie, déstabilisé par la direction donnée à la suite du récit et on se prête au jeu de ce braquage un peu foireux qui sent le drame à plein nez. Cependant, l’originalité de la proposition initiale ne suffit pas à attirer nos faveurs, l’idée de base finissant par s’étioler à mesure que le récit s'enlise dans une deuxième partie d’une latence éprouvante. Si on sait combien le nom de Reichardt rime avec "contemplation", ici, la lenteur du fond finit par desservir la forme. La nonchalance de JB, d’abord intrigante et amusante, finit par lasser et la dernière demi-heure nous fait subir le film plus qu’on ne le vit. On comprend la démarche, la volonté de montrer les conséquences d’un plan qui n’a pas complètement été rôdé. Mais le spectateur reste sur le bas-côté de cette route trop sinueuse à tel point que l’on ressort de la salle avec une déception. « The Mastermind » est typiquement ce film que l’on aurait voulu aimer, mais qui, à force de se regarder, finit par nous perdre et à nous « assommer ». Loin des stéréotypes du film de braquage hollywoodien, le film de Kelly Reichardt est beau, très beau. Mais il finit aussi par être plat et à force de nous faire "ressentir" le vide, l'attente ou encore le désespoir, la réalisatrice oublie de donner de l’épaisseur à son récit (et donc à ses acteurs) ! Le génie de « First Cow » ne parvient pas à faire mouche ici. Pire, il nous donne l’étrange sentiment que le film se complait dans son aspect technique et oublie d’inclure le spectateur.
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