Inscrite dans une mythologie devenue tentaculaire, presque écrasante tant elle a marqué la culture populaire, la série choisit pourtant la voie de la discrétion. Elle s’ouvre comme une confidence, une parenthèse de vie glissée entre deux pages d’Histoire, et c’est dans cet espace resserré qu’elle trouve sa force. Loin des trônes, des complots et des dragons, elle s’attarde sur deux silhouettes improbables, deux voyageurs qui avancent dans un monde trop vaste pour eux, mais qu’ils éclairent malgré eux. Ser Duncan le Grand, d’abord, est un héros à rebours de tous les codes. Jeune chevalier fraîchement “adoubé”, massif, naïf, presque gauche, il porte en lui une droiture qui semble anachronique dans un univers où la loyauté se monnaie et où la vertu se paie cher. Écuyer de ser Arlan de l’Arbre-sous, il s’efforce de suivre les préceptes moraux de son maître disparu comme on s’accroche à une boussole dans la tempête. Sa grandeur n’est pas celle des lignages, mais celle des humbles : une noblesse de cœur, une sincérité désarmante, un courage qui ne cherche jamais à se montrer. La série parvient à faire de ce colosse maladroit un personnage profondément touchant, un miroir de nos propres aspirations à la justice et à la simplicité. À ses côtés, Egg apporte une lumière différente, plus vive, plus malicieuse. Petit écuyer au crâne rasé, il observe le monde avec une lucidité que Dunk n’a pas. Son surnom, presque enfantin, dit déjà tout de sa fragilité et de son mystère. Dans un Westeros où la lignée Targaryen règne encore et où le souvenir des dragons n’a pas disparu, sa présence ajoute une tension subtile, une promesse de destin qui dépasse largement la route poussiéreuse qu’il partage avec son chevalier. Entre eux naît une relation d’une tendresse rare : l’un apprend à être un homme, l’autre à être un chevalier, et leur duo devient le cœur battant du récit. Ce qui frappe, c’est la manière dont la série parvient à faire émerger une véritable tragédie humaine à partir d’une histoire minuscule. Chaque rencontre, chaque joute, chaque détour de chemin révèle un pan de l’âme humaine : des personnages tour à tour abjects ou glorieux, drôles ou tendres, tous porteurs d’une part de légende. La série ne les juge pas ; elle les montre dans leur complexité, leur beauté et leur laideur mêlées. On sent que ces destins brisés, ces figures secondaires en apparence, ont laissé une empreinte durable dans l’histoire de Westeros, comme si la grande fresque ne pouvait exister sans ces vies minuscules. La poésie qui se dégage de A Knight of the Seven Kingdoms est d’une délicatesse inattendue. Les paysages deviennent des confidences, les silences disent plus que les batailles, et les gestes les plus simples — un serment murmuré, un repas partagé, un regard échangé — prennent une dimension presque mythique. La série assume une fragilité qui contraste avec la brutalité de son univers d’origine, et c’est précisément dans cette fragilité qu’elle trouve sa puissance. Elle raconte la beauté des instants suspendus, la noblesse des anonymes, la grandeur des petites histoires qui finissent par façonner la grande. On sort de cette première saison avec un sentiment d’attachement profond, presque viscéral. On se surprend à chercher qui étaient vraiment ces personnages, à vouloir comprendre comment deux êtres si modestes ont pu entrer dans la légende. Et surtout, on meurt d’impatience de connaître la suite. Car Dunk et Egg ne sont pas seulement des héros improbables : ils sont devenus des compagnons de route, et leur voyage, aussi fragile soit-il, ne fait que commencer.
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Écrit et réalisé par le couple Celine Held et Logan George dont c’est le deuxième long métrage seulement, produit par un certain M. Night Shyamalan, ce qui donne déjà une indication sur la thématique du film, c’est une vraie belle découverte à voir sur HBO Max. On retrouve au casting Eliza Scanlen déjà vue chez Shyamalan d’ailleurs, elle jouait l’adolescente Kara dans « Old ». Ici de nouveau, elle joue une adolescente, Ellie, car elle a cette capacité à jouer des personnages beaucoup plus jeunes que son âge réel sans que cela ne transparaisse à l’écran. Ellie ne s’entend pas avec sa mère et elle passe autant de temps que possible en-dehors de la maison pour éviter le conflit. On retrouve dans le deuxième rôle principal Dylan O’Brien (de la trilogie « Le Labyrinthe ») qui donne ici une très belle prestation dans un rôle dramatique, on aimerait le voir plus souvent dans ce type de rôle. Il joue Paris, un homme marqué par une tragédie familiale dont il ne parvient pas à se défaire. Il est difficile de raconter l’histoire sans dénaturer le concept et tout l’intérêt du film est de justement découvrir les choses en même temps que les protagonistes. Car on s’en doute, les deux destins de ces personnages sont liés. Ce que je peux dire, c’est que l’action se passe dans une zone rurale de la Louisiane, à la frontière avec le Texas, sur un lac bordé de marécages, qu’on s’y déplace forcément beaucoup sur l’eau et qu’un élément de science-fiction va bouleverser la vie des protagonistes de manière inattendue. Je vais quand même vous donner envie en vous révélant que les deux personnages principaux sont les seuls à percevoir une sorte de champ de force dans les marais qui va avoir des conséquences terribles sur leur vie et sur celle de leurs proches dès lors qu’ils vont le traverser. La réussite du film tient en ce que les personnages sont très bien écrits, la surprise du twist en milieu de film est originale malgré un thème traité maintes fois au cinéma et la fin donne à réfléchir comme dans toute bonne histoire. On n’est pas loin de Stephen King pour l’atmosphère et le côté pessimiste.
Si on veut être honnêtes et faire court, « Salem’s lot » est un film vite vu, vite oublié. Son grand méchant (aux faux airs de « La nonne ») et ses sbires sont trop mal fichus que pour inquiéter vraiment (ils nous font même plutôt rire), son histoire expédiée à la vitesse d’un TGV et sa réalisation ultra convenue et peu ingénieuse. Maintenant, tout n’est pas bon à jeter dans cette visite de Jérusalem, ville du Maine où les habitants se font vampiriser tout à tour. La reconstitution du petit village de King et de l’époque est on ne peut plus charmante, le cast convenable et attachant (mention spéciale à Bill Camp et le tout jeune Jordan Preston Carter) et la tension exponentielle. Pour autant, « Salem’s lot » n’est pas un incontournable du genre et on lui préfèrera d’autres films de vampires plus suggestifs.
Sauf que malgré des petits airs de comédies romantiques des années 2000 remis au goût du jour, « Am I Ok » ne parvient pas à botter en touche et lasse très vite les téléspectateurs venus prendre une place dans la vie de Lucy en proie à de nombreux changements. Avec son sujet très actuel mais sa mise en scène trop classique que pour séduire, cette première tentative tombe plutôt à l’eau et permet difficile à ses réalisatrices de ressortir du lot d’un catalogue débordant de séries phares de qualité et se place plutôt dans la catégorie « films mineurs de plateformes peu audacieux». Et c’est d’autant plus dommage qu’on aurait voulu aimer (et recommander) un film à la thématique potentiellement forte mais si mal exploitée. « Am I Ok ? » aurait pu s’adresser à une jeune génération parfois paumée ou enfermée dans ses non-dits/pas-faits mais ne convainc ni dans son approche ni dans sa réalisation et referme bien vite la question centrale du film.
Présent sur la plateforme HBO Max (mais aussi Be TV), la série s’est dévoilée il y peu et risque encore de cristalliser les prochaines discussions autour de la machine à café ! Car oui, si le roi Viserys était parvenu à maintenir la paix sous son règne ; la mort de son jeune petit-fils Lucerys- fils de la princesse Rhaenyra (sa fille)- des mains de son cousin Aemond, fils de l’épouse de feu le roi Viserys (vous suivez toujours ?) va rendre la situation ingérable et jeter un sacré froid dans l’entente des familles ! Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’entrée en guerre et mener le célèbre jeu des alliances. Passé un nouveau générique somptueux, l’ouverture s’est montrée quelque peu verbeuse. Vous allez me dire que c’est normal afin d’exposer les tenants et les aboutissants de la nouvelle configuration géopolitique mais il n’empêche… C’est surtout dans son dénouement que la série va faire parler d’elle ! Et pourtant, des meurtres, les amateurs de GOT en ont connu : la mort de Ned Stark, La Bataille des Bâtards, le mariage et la mort de Joffrey, le combat entre la Vipère et la Montagne, Les Noces Pourpres, le viol de Sansa, etc. Il n’empêche, celui-ci est épouvantable- et bien que le livre « Feu et Sang » va plus loin dans la description de l’effroyable, cela reste glaçant à entendre (heureusement, nous ne voyons rien !). Bien sûr, cette escalade de violence va relancer les querelles intestines… et ce n’est pas pour nous déplaire.
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