L’histoire est montrée uniquement du point de vue des animaux rescapés de la catastrophe qui ne nous est pas expliquée mais qu’on comprend aisément comme étant un nouveau déluge causé par les actions de l’Homme sur la terre. Ce sont les heures et les jours immédiatement après cette crue gigantesque qui nous sont montrés alors que le chat rencontre d’autres animaux et que des alliances naissent afin de survivre ensemble. Sans aucune parole, outre les miaulements, aboiements et piaillements des petits protagonistes, on rit, on s’émeut et on tremble en même temps qu’eux, entre moments stressants devant les dangers rencontrés et instants de pure comédie, notamment grâce à cette bande de lémuriens décidément pas très sérieux. Réaliste dans son étude de caractère des animaux de compagnie, anthropomorphe à d’autres moments (ils sont capables de naviguer par exemple), si on accepte dès le départ le principe d’humaniser quelque peu les pensées des animaux, ce qui permet de faire avancer l’histoire tout en nous permettant de nous attacher aux personnages, on a alors droit à une expérience totalement immersive et poétique, non dénuée de réflexion, dans cette fable écolo. Côté animation, si les paysages sont d’une grande beauté et agréablement mis en avant par des plans larges qui permettent d’en apprécier la splendeur, avec des mouvements fluides comme en vue objective dans un jeu vidéo, il faut un petit moment d’adaptation malgré tout pour passer outre l’animation des animaux qui est un peu plus sommaire – on est loin de la 3D qui imite le pelage ou le plumage au moindre détail près, par exemple. La palette de couleurs utilisée est aussi d’une grande poésie et invite au voyage, le temps comme suspendu pendant la durée du long métrage, et la musique cosignée par le réalisateur avec Rihards Zalupe sublime encore cette aventure émouvante.
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Avis : Sur le papier, "Six Jours" , le film de Juan Carlos Medina intrigue. C’est ainsi, que mû par l’envie de vivre une enquête aux nombreux rebondissements et à la tension palpable, nous nous sommes lancés dans une séance qui s'est avérée finalement plus décevant qu'enthousiasmante. Personne ne pourra reprocher au réalisateur d’ouvrir son film de manière impactante car cela fonctionne formidablement tant nous avons été cloué à notre siège ! Pourtant, et hélas trop vite, le soufflé retombe à cause de nombreux éléments qui ont fini par nous lasser. Mais avant de les évoquer, il est plus honnête de commencer par les forces évidentes du film. Tout d’abord, la très belle interprétation de Sami Bouajila parfait en flic hanté par un cold case dont il se sent responsable. Le film s’intéresse avec beaucoup de pertinence aux liens affectifs qui peuvent unir les victimes et les enquêteurs qui partagent un même drame tandis que l’atmosphère pluvieuse du nord donne une coloration très particulière au service d’une enquête longue et difficile. La justesse de cette restranscription impuissante et la noirceur du désespoir ou de l'attente nous ferait presque entendre le cri de cette mère qui porte douloureusement la perte de son enfant sur la plage abandonnée. Hélas, dans son rôle, Julie Gayet ne parvient pas à nous convaincre Au contraire, ses nombreuses réactions portent même préjudice à l’ensemble et ne nous fait pas croire au chagrin de cette mère désemparée. Un autre défaut du film est à aller chercher du côté des rebondissements trop tardifs qui le prive de la spontanéité d’usage. Enfin, passé la scène d’introduction, la mise en scène manque de mordant. Il en résulte une enquête un peu trop plate avec une résolution qui s’accélère à mesure qu’on approche de la fin. Dommage car il y avait tant à exploiter dans cette histoire qui nous avait cueillie dans ses premières minutes bien installées. Au final, "Six jours" est un polar en demi-teinte gangréné par certaines invraisemblances « pratiques » pour le scénario, une mise en scène qui ne convainc pas sur la durée et l’interprétation peu inspirée d'une Julie Gayet qui ne parvient pas à donner le change face au talent de Sami Bouajila et l'atmosphère poisseuse son personnage évolue.
Certes, le film sentait bon la testostérone, l’odeur du tabac froid et même des fragrances du parfum « eau sauvage » de Dior mais il enchainait comme peu de films savent encore le faire les explosions et autres fusillades en tous genres. Et si ce film de braquage était aussi agréable à regarder, c’est parce qu’il était très généreux dans ses références (vous avez dit « Heat » ?) mais aussi dans ses stéréotypes assumés. A la clé, l’amateur du film d’action qui sent bon les années 90’s y trouvait son compte en même temps que les nombreux bourre-pifs présents à l’écran et les muscles saillants de ces flics aux méthodes musclées. Et si nous nous épanchons aussi longuement sur nos souvenirs, c’est parce que nous ressentions une joie trop rare de voir encore ce genre de films. C’était un peu comme de rentrer dans des chaussons après une dure journée de labeur ! Et puis, il y avait la présence du très viril Gérard Butler avec ses bagues au doigts, sa veste en cuir usée et son sourire carnassier pour finir de nous convaincre ! Mais ça, c’était avant… Dès lors, quelle ne fut pas notre déception à l’issue de la projection car tout ce que nous avions aimé a disparu (ou presque). « Criminal Squad : Pantera » pourtant toujours aux mains de son réalisateur Christian Gudegast ne parvient pas à opérer de nouveau la magie. Oubliez l’efficacité presque chirurgicale de son ainé, son rythme endiablé et le plaisir jouissif (et même régressif !) ressenti. Ici, le film démultiplie les intrigues, les sous-intrigues, les personnages principaux, secondaires et tertiaires constitués- dans le désordre- de mafias serbe et sicilienne, mais aussi de police française et de quidam truands à l’intérêt très limité. Le résultat ? Un ennui poli, une intrigue plus complexe et donc moins prenante et surtout (et c’est douloureux pour nous- pauvres spectateurs) des « coïncidences » qui servent (pas très habilement) le scénario et nous exaspèrent beaucoup ! De plus, alors que nous aimions le flic brutal joué par Gérard Butler dans le premier volet, nous sommes plus circonspects dans son évolution narrative… Voilà un protagoniste d’un film d’action qui a perdu de son éclat, parait plus fatigué et moins rageur. Ajoutez à cela une intrigue looooooongue de 2h10, et vous obtenez un beau gâchis !
S’entourant des meilleurs (tant sur le plan technique que dans ses castings), le réalisateur ibérique a toujours eu le don pour sublimer ses histoires, décortiquer notre société avec grâce, tendresse et amour, nous emmener dans des lieux opposés, allant d’une terrasse d’un appartement aux rues caniculaires où l’on croise de nombreux passants. Quelque soit son projet, le mot « authenticité » se conjugue inévitablement avec « émotion », « passion », « dévotion ». Ici encore, Pedro Almódovar réunit tout ce qui fait le sel de ses intentions dans une histoire de suicide assisté, portée avec brio par Tilda Swinton (qu’il avait déjà mis en scène dans le court-métrage « La voix humaine ») et Julianne Moore, un casting 100% international pour ce qui est une de ses petites nouveautés : un film totalement anglophone ! Convaincant, le film nous questionne sur le choix de s’en aller dignement lorsque la maladie nous ronge mais également celui de pouvoir assister les êtres chers qu’on veut accompagner jusqu’à ce que les yeux se ferment sur une difficile réalité. Déjà abordé à de nombreuses reprises au cinéma ( « Blackbird », « Mar Adentro » de Amenabar, « Tout s’est bien passé » de Ozon ou encore « Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé en sont quelques beaux exemples), le thème du suicide assisté à déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais ici, Almodovar fait le choix de l’amitié plutôt que de la famille, de montrer deux femmes qui se soutiennent dans l’épreuve la plus difficile d’une vie : celle de (laisser) partir. Sororité, complicité, incompréhension et écoute, voilà quelques maîtres mots que l’on peut déceler dans ce scénario inspiré d’un roman (« Quel est donc ton tourment ? »de Sigrid Nunez ) paru dernièrement chez Stock. Ici, Ingrid rend visite à son amie Martha, hospitalisée à la suite d’une récidive d’un cancer agressif. Anciennes collègues de rédaction, les deux femmes se sont un peu perdues de vue mais leur amitié et leurs souvenirs sont pourtant restés intacts. Mais quand Martha demande à Ingrid une immense faveur et de l’accompagner quelques jours dans un magnifique Airbnb pour un dernier tour de piste, Ingrid ne s’attend pas à ce que le séjour la questionne à ce point sur la notion d’accompagnement dans la mort et n’en mesure pas pleinement les conséquences. Marquant, « La chambre d’à côté » est comme toujours, extrêmement maîtrisé. Dialogues, enjeux, univers oscillant entre comédie et tragédie, tout concorde pour faire de ce long-métrage une réussite. Néanmoins, nous n’avons pas été aussi bouleversés qu’attendu par cet Almodovar américanisé. Peut-être parce qu’il nous a paru très « aseptisé » et trop long. Sans doute parce que nous espérions beaucoup trop de son approche et de l’exploitation de son sujet. On n’y a pas totalement retrouvé la Almodovar’s touch et sommes sortis un peu déçus de notre séance gantoise (le film était projeté en avant-première au Film Fest Gent en octobre dernier), la faute à un final trop étiré qui aurait pu s’interrompre quelques minutes plus tôt ? Difficile à dire… Almodovar a changé de langue mais nous semble aussi avoir changé d’intention et s’être « bridé » dans la créativité et la notion de vérité. « La chambre d’à côté » nous a paru bien lisse et nous ne sommes pas totalement entrés dans le monde désordonné qu’il a voulu présenter. ► Un cinéaste en or. Pedro Almódovar a déjà été à de maintes reprises multirécompensés à l’échelle nationale par une collection impressionnante de Goya (pour le solaire et magnifique « Volver » ou son époustouflant « Douleur et gloire » très biographique) ou internationale (avec, notamment, le mémorable et mètre étalon « Tout sur ma mère »). Des Golden Globes, des Césars, des Oscars et d’autres prix prestigieux, il en a à revendre… Mais malgré tout, le cinéaste continue de nous surprendre, de séduire un public qui pouvait être jusqu’alors, hermétique à ses propositions. « La chambre d’à côté », plus « américanisé » lui vaudra peut-être de nouvelles reconnaissances et une acquisition plus large d’un public qui lui était étranger jusqu’ici. Pour notre part, nous continuons à apprécier ses démarches, ses thèmes, ses petites folies ou ses gravités… Mais son dernier long-métrage nous a un peu moins convaincu et nous a fait nous sentir un peu étranger à tout ce qu’on a toujours apprécié dans sa filmographie variée. Il y a toujours ces intérieurs très épurés, rangés, colorés, des tenues qui reflètent les états d’âme et les caractères de leurs personnages, la musique enivrante de Alberto Iglesias. Il y a des plans fixes magistraux, des décors très géométriques, plus rigides et moins fluides que dans les autres films du réalisateur, sans doute parce que le sujet se prête à plus de « rigueur ». Il y a assurément du maître Almódovar dans ce tableau tragique… Mais nous l’avons trouvé plus lisse que d’ordinaire.
Car qui aurait pensé qu’Andrew Garfield (41 ans) et Florence Pugh (29 ans) parviendrait à ce point à nous faire tomber amoureux l’un et l’autre ? Si on s’enthousiasmait d’avance à l’idée de les retrouver ensemble, les voir évoluer dans cette histoire d’amour tragique est un réel plaisir pour les yeux… et pour le cœur. Florence Pugh, c’est Almut, une cheffe allemande étoilée prête à défendre les couleurs et la gastronomie anglaise alors qu’un cancer récidiviste vient frapper ses ambitions les plus folles. Lui, c’est Tobias, un responsable de la marque Weetabix très terre à terre, dans le contrôle mais follement amoureux de celle qui, un jour, l’a renversé… et sa vie avec. Si tous deux semblent filer le plus beau des Amours, des ombres planent de temps à autre sur l’œuvre de leur vie. Celles d’un début d’histoire pas toujours évident (et qui révélait pourtant leurs envies et leurs déterminations réciproques), celle de la maladie, du souvenir, des rêves avortés ou ceux qui pourraient ne pas être exaucés. Parvenant à nous tirer quelques larmes (le réalisme de certaines scènes et le jeu parfait de ses acteurs en sont totalement responsables), le film souffre également de facilités scénaristiques et artistiques, d’un montage original (qui permet de se démarquer de ce qui se fait dans le genre et qui sauve un long-métrage qui aurait être bien moins percutant s’il s’était déroulé linéairement) et de quelques scènes amusantes apportant son lot de (sou)rires également. Il nous questionne sur les traces que l’on souhaite laisser derrière nous, interroge nos ambitions et le sacrifice que peut demander une vie de couple ou de famille. Mais il sonde surtout notre cœur et le fait battre dans de jolies scènes dramatiques, le mettant tantôt en berne avant de le faire repartir de plus belle dans des élans d’espoir et des instants plus légers comme on aime les voir. Loin d’être le drame romantique mémorable du moment, « La vie au présent » est cependant un petit plaisir cinématographique qu’on ne peut pas se refuser, pour la beauté de son duo qui se donne sans retenue et avec une réelle sincérité, un long-métrage qui se rattrapera sans aucun souci depuis son canapé lors d’une future sortie VOD/DVD.
S’inspirant beaucoup du cinéma des frères Coen, le réalisateur nous montre une fois de plus l’étendue de son talent ! Retour sur la première belle surprise cinématographique de la rentrée. Ce qui est formidable avec le cinéma de Franck Dubosc, c’est qu’il prend soin de ses personnages en leur conférant une histoire et donc une personnalité souvent touchantes. On sent l’amour qu’il porte à ses protagonistes et nous suivons nous aussi. Ici, les héros (ou plutôt anti-héros) de ces tribulations sont des personnages ordinaires plongés, malgré eux, dans une situation extraordinaire les menant à évoluer dans une réalité qui les dépasse, de quoi nous amener dans des situations cocasses mais également tendues. Ainsi, un « Ours dans le Jura » se veut très drôle, et pourtant, il s’agit d’un véritable thriller noir que n’auraient pas renié quelques grands cinéastes américains ! On pense inévitablement à « Fargo » sans qu’il n’y ait cet air de déjà vu. Bien sûr, la neige aide à la comparaison, tout comme les étendues sauvages et les cadavres qui vont s’empiler dans un esprit gentiment foutraque ! Mais si ce tour de force fonctionne aussi bien, c’est grâce à la dynamique du film qui permet l’enchainement de séquences tantôt prenantes, tantôt drôles. L’humour noir n’est jamais loin et cela est dû à la maestria du réalisateur/scénariste qui n’a pas son pareil pour jouer avec le comique de situation. Avons-le, nous rions beaucoup dans ce film grâce à des personnages hauts en couleur, parfaitement campés par des comédiens fantastiques. Outre Franck Dubosc qui passe devant et derrière la caméra pour notre plus grand bonheur, nous retrouvons Laure Calamy, sa partenaire à l’écran. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’alchimie entre eux fonctionne parfaitement. Nous croyons à ce couple usé et rongé par le temps qui a fini par s’installer entre eux, les privant de la spontanéité et de l’amour des débuts. Il est intéressant de noter que Franck Dubosc va jouer avec les silences pour traduire l’incompréhension de ce Michel dépassé par les évènements. Laure Calamy, elle, jouera avec sincérité le rôle de Cathy, une mère de famille qui en est aussi la locomotive. Et elle aura besoin de son sang-froid pour gérer le double accident macabre provoqué par son mari et, en même temps, faire face à l’enquête minutieuse d’un gendarme joué par un Benoît Poelvoorde des grands jours. Il se dégage du jeu de l’acteur une vérité désarmante que nous avions jadis aperçu dans le « Vélo de Ghislain Lambert » ou encore les « Emotifs anonymes ». Bref, on en redemande ! Citons aussi la très belle composition de Joséphine de Meaux parfaite dans le rôle de la collègue hyper touchante de Benoît Poelvoorde. Bien sûr, d’autres acteurs nous ont fait une très bonne impression à l’image de Louka Meliava, parfait dans le rôle du tueur froid et charismatique. Hélas, plus le film avance et plus celui-ci prend des allures de farce macabre très (trop diront certains) généreuse. Et pourtant, jamais les situations (aussi grotesques soient-elles) ne se font au détriment des personnages merveilleusement écrits et interprétés. Voilà un film aux nombreux rebondissements qui oscille en permanence (et avec une certaine maitrise) entre une douce folie et une évidente gravité. Pour son troisième film, Franck Dubosc nous livre un film qui nous happe dès les premiers instants pour ne jamais nous lâcher. Mieux, le film s’amuse à changer de genre et à passer du thriller à la comédie, puis au polar aux faux airs de western avec une facilité déconcertante.
Comédie, Thriller - 1h 53min - De Franck Dubosc avec Franck Dubosc, Laure Calamy, Benoît Poelvoorde
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