Après nous avoir séduit avec son excellent « Boîte Noire », le réalisateur avait emprunté d’autres voies, parmi lesquelles celle de « Dalloway » qui nous avait laissé avec une pointe de déception. Hélas, c’est précisément ce sentiment de « rendez-vous manqué » qui nous envahit à nouveau à la sortie de « Gourou », un long-métrage qui aurait pu être bien plus réussi que ce qu’il est, notamment grâce à ses interprétations admirables et son approche dramatique d’une sorte de thriller difficilement définissable. D’ailleurs, l’incursion dans sa nouvelle idée démarrait sous les meilleurs auspices. Durant la première demi-heure, Yann Gozlan dévoile ses enjeux, son thème et le fait en utilisant un cadre appréciable et une tension d’une efficacité redoutable. Le contexte est posé en deux tours de cuillère à pot, ses personnages sont dessinés avec beaucoup de précision et son intrigue nous happe dès ses premiers instants. On aime se plonger dans les coulisses de ces sessions de coaching XXL, ces grandes messes de la performance où l’ego est roi. C’est un spectacle total, nerveux, lunaire et pourtant crédible que Gozlan dépeint. Et en nous entrainant dans ses coulisses, dans l’envers de ce décor brillant, on découvre un travail, une construction, une soif de réussite qui s’est construite petit à petit comme la mise en scène d’un film qui paraît très original. Devant la caméra, le duo d'acteurs crève l’écran. Pierre Niney, d’une précision toujours aussi millimétrée, habite son rôle avec une intensité magnétique à tel point qu’on pourrait croire à ce coach Matt plus vrai que nature. De son côté, Anthony Bajon apporte son lot de tension, de drame, de trouble et d’inquiétude par ses regards, ses quelques répliques et une présence qui force le respect. Mais voilà… une fois passé le plaisir de la découverte du récit et de cette réalisation électrique qui colle si bien à son sujet, le film semble s’enliser dans une noirceur, un surplace qui étouffent presque les belles idées du départ. Très vite, la trajectoire devient prévisible. On devine les voies sur lesquelles le scénario s’est posé. L’intrigue perd de son sel, de cette consistance qui nous avait tant séduits au départ et on finit par se lasser de sa réalisation moins inventive qu’espérée. Le film reste honorable mais on ne peut s'empêcher de penser que Gozlan aurait pu faire mieux, innover, prendre des risques. Au lieu de cela, il semble ne plus savoir comment nous en sortir de son histoire, perd en densité et nous laisse sur notre faim.
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