C’est une histoire qui prend son temps, qui se dilate dans deux espaces temps mais qui convergent en un centre puissant : le destin de Louise, impeccable Diane Rouxel. C’est un film imparfait mais sincère, un récit qui marque et qui bouleverse. Si le nom de son réalisateur nous est totalement inconnu, celui de son trio d’actrices principales, lui, n’est plus à présenter : Diane Rouxel (la Louise/Marion du film) côtoie Cécile de France (admirable et tellement émouvante) mais aussi Salomé Dewaels qui, comme la petite bête, monte, monte, monte et jamais ne redescend. Et puis il y a la toute jeune Noémie Lemaitre Ekeloo qui insuffle une fraicheur, une puissance sans trop en faire. « Louise », c’est une histoire d’enfants, de femmes qui cheminent, qui évoluent, qui se perdent de vue et qui se croisent, chacune avec son interprétation d’une histoire commune. Intelligemment amenée, l’intrigue du film s’ouvre après un générique tout mignon et déjà annonciateur de la maîtrise de tous les détails de sa suite. Le fond des cartons est dans les mêmes tons que le papier peint et les rideaux d’une chambre d’enfants où résonnent deux voix joviales, celles de Marion et de Jeanne qui entonnent un « Vivo per lei » mémorable et on comprend très vite que chaque détail va avoir son importance discrète. C’est aussi l’histoire d’une complicité qui réchauffe le cœur et qui laissera place aux doutes, au cheminement, aux cicatrices d’un passé. Lancinant, prenant son temps, le récit qui suit s’installe petit à petit, dans un rythme étiré et entrecoupé de flashbacks nécessaires et jamais pesants. Les regards, les silences suffisent à eux-mêmes et on retient notre souffle tout au long de ce drame qui nous cueille dès son début et nous achève dans sa fin. « Louise », c’est un film dramatique qui ne verse jamais dans le mélodrame, dans le too much. Au contraire, il est d’une infinie justesse. Sobre dans sa mise en scène, il souffre parfois de petites longueurs mais la vie n’a-t-elle pas elle aussi son lot d’attentes, de suspensions ? Et s’il semble parfois chercher sa voie, le scénario montre qu’au contraire, il est ficelé de bout en bout, les premières notes de son introduction résonnant encore dans nos cœurs battants à la fin de la séance. Au bout d’une grosse heure trente de sentiments divers, dans le chef de ses personnages comme dans le nôtre, la tension accumulée se libère en même temps que notre souffle et nos larmes et cela fait un bien fou. Parce qu’on a cru à l’histoire de « Louise », parce qu’on a cru aux émotions de ses interprètes, parce que la pudeur qui se dégage du film a fait vibrer une corde quelque part en dedans. « Louise » de Nicolas Keitel n’est peut-être pas un grand film mais c’est assurément une belle rencontre, une proposition honnête et sincère qui nous a tenue en haleine et marquée le temps d’un instant.
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