C’est un film qui vous entraîne dans sa réalité dès les premières minutes pour ne vous lâcher qu’une fois le générique de fin entamé et encore… On reste sans voix et les joues encore humides des larmes versées quelques minutes plus tôt, le cœur en berne et avec l’envie de serrer vos enfants dans vos bras. Il faut dire que le talent de la mise en scène réside ici dans une gestion de l’espace et du temps absolument admirable. Les décors de l’hôpital où se jouent l’intrigue, souvent froids, montrent l’immensité du travail, de la charge mentale, des responsabilités dans laquelle évolue Alex (incroyable Özlem Sağlanmak) chaque minute de sa garde. Le montage, qui ne laisse aucun temps mort, épouse l'urgence de ce qui se trame dans les services et dans les gestes des médecins et infirmiers qui, à bout de bras (et de force) continuent de mener leur « combat ». Pour cela, on suit le regard d’une caméra qui se place au plus près des visages quand il faut décrypter une émotion, ou recule quand on espère pouvoir prendre un peu de distance. Cette proximité ajoute une authenticité à l’oppression des situations et par la même occasion, fait de nous les témoins bouleversés de ce à quoi on vient d’assister. Durant toute la projection, on prend position, humainement, moralement, personnellement et on ne fait que changer d’avis, de regard comme le font tous les personnages rencontrés dans cette heure trente d’où on ne sort pas indemnes. Jamais manichéen, le film de Zinnini Elkington, montrent les choix impossibles, les limites du personnel médical et la détresse les patients, la valse infernale des services saturés et de l’urgent besoin de pouvoir « s’arrêter ». L’an dernier, le cinéma nous avait déjà offert des plongées mémorables dans le milieu hospitalier (« L’intérêt d’Adam » ou « En première ligne » en sont deux beaux exemples). Et avec ce « Second Victims » la réalisatrice danoise apporte une pierre supplémentaire, et peut-être plus sombre, à cet édifice. Porté par des interprétations magistrales (celles de Trine Dyrholm, Olaf Johannessen, Iman Meskini ou encore Anders Matthesen sont la démonstration même de ce qu’est l’implication totale et sans faille), le film évite tous les pièges du mélodrame lourd et sans âme. « Second Victims » n'est pas qu'un film sur le milieu hospitalier.
0 Commentaires
Laisser un réponse. |
Légende
♥ : Coup de coeur ★★★★: Excellent film ★★★: Très bon film ★★: Bon film ★: Passable ○: On en parle? A découvrir: Décembre 2025 Novembre 2025 Octobre 2025 Septembre 2025 Aout 2025 Juillet 2025 Juin 2025 Mai 2025 Avril 2025 Mars 2025 Février 2025 Janvier 2025 |
Flux RSS