Là où la bande annonce laissait présager d’une relecture osée, on se trouve finalement devant un film réussi, dans la continuité de ses prédécesseurs (les « Jurassic World » dont le dernier opus est sorti en 2022), mais loin de la « renaissance » espérée. Pourtant, Gareth Edwards a tout le savoir-faire nécessaire pour réaliser une prouesse et dépoussiérer les blockbusters de la lignée pour les faire briller : « Rogue One » et « The Creator » ou encore « Godzilla » (sorti il y a 10 ans de cela !) en sont de beaux exemples. Et s’il reprend le flambeau d’une jolie façon, on ne peut que retrouver les mêmes défauts que ses opus précédents : les effets spéciaux permettent de créer des dinosaures plus vrais que nature (repoussant à nouveau les limites de l’entendement) mais le calibrage taille/ressenti est à nouveau en deçà de nos attentes. En effet, la surnumérisation omniprésente (qui se fond avec brio dans les décors naturels somptueux) finit par faire perdre aux dinosaures une bonne partie de leur toute puissance à tel point que ces créatures, censées peser des tonnes, semblent privées dee leur masse naturelle, rendant certaines scènes presque risibles là où l’animatronique et la 3D de l’époque conféraient un réalisme plus impressionnant. Hormis cela, le long-métrage 3.0 permet d’offrir de réelles scènes de tension impressionnantes pour les plus jeunes spectateurs (rappelons que le film est conseillé au plus de 12 ans) et confirme que Edwards sait y faire en matière de suspense ! Le scénario (au double enjeu) est très probablement l’une des autres forces du film puisqu’il conjugue film de survie (avec une famille de touristes pris au piège bien malgré eux) et chasse aux dinos. Et si on regrette quelques facilités scénaristiques, elles paraissent difficilement contournables si on veut avancer et intensifier une intrigue qui prend le temps de s’installer. Niveau casting, les nouveaux venus remplissent le contrat et créent une osmose bienvenue dans l’adversité qui les attend : Scarlett Johansson et Jonathan Bailey tirent leur épingle du jeu et s’investissent dans la mission périlleuse qui les attend tandis que Mahershala Ali , Manuel Garcia-Rulfo, Luna Blaise et Audrina Miranda apportent leur touche empathique et proche du public, devenant ainsi les intermédiaires entre les spectateurs impressionnés et la réalité dans laquelle nous auriez bien vite été décimé. Avec « Jurassic Wold renaissance », nous espérions un retour aux sources, c’est vrai. Notre besoin de renouer avec les premiers frissons de « Jurassic Park » sont comblés, le fan service fonctionne à plein tube et les clins d’œil aux aînés sont généreux. Et si cela peut séduire certains nostalgiques, pour notre part, il a réalisé l’effet l’inverse et donné cette impression de « déjà-vu » ou de difficulté à se construire sa propre identité. Convenu, « Jurassic World: Renaissance » n’en est finalement pas une. C’est un pop corn movie de grande envergure qui se laisse regarder mais ne parvient pas à relancer la machine de notre côté. Gareth Edwards signe une copie honorable, qui tient la route de bout en bout, se veut fidèle à l’univers mais qui manque d’audace ou de nouveauté… C’est une continuité intéressante mais peu marquante, une suite plus qu’une résurrection. Peut-être en attendions-nous trop ? Peut-être nous sommes-nous trop vite enthousiasmée devant la proposition de son trailer et cette envie de retrouver un « souffle de vie ».
1 Commentaire
Bonjour,
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