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A une semaine de notre pause estivale, les nouvelles sorties n’ont pas manqué de nous attirer en salle. Si « Le passage », que nous avions découvert lors du dernier Festival du Cinéma américain de Deauville, a réussi à se frayer un chemin dans la programmation de ce début d’été, d’autres étaient annoncés depuis très longtemps et on fait le plein de spectateurs curieux, avides d’aventure ou de frissons…
! Et si vous avez découvert « Vermines », le premier long-métrage de Sébastien Vaniček, vous savez que le réalisateur français sait (comment) filmer et insuffler un climax anxiogène dans un quotidien qui dérape. Rendant hommage à l’esprit des « Evil Dead », offrant de nombreux clins d’œil à ses aînés, ce « Evil Dead burn » ne recule devant rien et n’épargne personne. Tout fonctionne dans ce nouvel opus : son intrigue (qui démarre sur des chapeaux de roue), sa mise en scène, la beauté de sa photographie et de ses plans, son casting magistral, sa musique et ses décors… Il n’y a rien a jeté dans cette proposition horrifique effroyable, dans ses démonstrations comme dans ses suggestions. Comme Souheila Yacoub, nos yeux s’exorbitent, la folie nous gagne, nos regards se détournent et notre cœur cogne dans notre poitrine.
Après Stitch, la Belle et la Bête, le Roi Lion, La petite sirène ou encore Aladdin pour ne citer qu’eux, voici venir le petit dernier des studios Disney : Vaiana ! Et autant le dire d’entrée de jeu, si on a bien lu l’histoire à notre petite fille de bientôt 4 ans et jeté un œil distrait à son animé, l’histoire de Vaiana/Moana ne nous est pas familière et c’est tant mieux ! Si « Le bleu lumière » fait partie des grands standards musicaux et que Hey Hey et la jeune polynésienne sont des figures incontournables des studios, nos connaissances du 56ème film d’animation Disney sont plutôt restreintes et ce n’est que tant mieux. Car si on apprécie réellement la qualité des effets numériques de ce nouveau long-métrage ainsi que sa capacité à créer une aventure XXL pour petits et grands, il n’est pas certain que nous aurions été emportés par la vague si nous avions déjà vu l’animé… Il faut le dire, on a senti ces presque deux heures passer. Dwayne Johson fait le show comme personne, la jeune Catherine Laga’aia est crédible et les monstres rencontrés sont charismatiques à souhait mais… Dire que le film n’a pas d’âme serait mentir, mais on est resté plutôt de marbre devant la proposition joliment illustrée et sans temps mort. Peut-être parce que le film ne fait pas partie des must see de notre génération et que nous avions un temps de retard ? Peut-être parce qu’on se lasse des live action qui se ressemblent tous les uns et les autres dans leur visuel et leur mécanique. Peut-être parce que The Rock avec des cheveux, c’est aussi improbable que voir tout le catalogue porté en live année après année… Alors oui, on a souri devant les péripéties de Hey Hey (il est clairement là pour amuser la galerie et cela fonctionne) et aimé son final mais on s’est ennuyé. Et la sensation aurait peut-être été différente (en bien comme en pire) si nous nous référions à son modèle original sorti sur les grands écrans il y a 10 ans de cela.
Parce que le savoir-faire est incontestable mais aussi et surtout parce que le réalisateur de bientôt 50 ans sait comment raconter ses histoires. Se mettant toujours à la hauteur de ses personnages pour mieux partager ses propos, il varie les genres, les tons, les mises en scène pour rendre tangible ce qu’il veut nous présenter. Qu’il s’agisse du récit d’un projet ambitieux ou d’un huis clos judiciaire, d’une histoire adolescente ou d’un drame infantile, chacune de ses intrigues trouve une façon de se raconter avec véracité, authenticité, crédibilité. Ici encore, les choix foireux de Marouane s’expriment dans un support qui releverait davantage du documentaire plutôt qu’au domaine de la fiction. Suivant, au plus proche, les pas d’un adulescent partagé entre l’envie de vivre ses premiers amours et celle de fuir le camping où il partage des vacances en famille, nous sommes témoins, complices, juges d’un incident qui fera que rien ne sera jamais plus comme avant. Le jeu des acteurs est fragile, comme leurs personnages, leurs émotions brutes, comme leur interprétation. On erre, sous la chaleur écrasante, dans une histoire qui ne peut que mal finir, tant les rebondissements qui s’enchaînent ne font qu’enfoncer notre jeune héros. Et si quelques bouffées d’oxygène (ou de puff) s’offre à lui, il est impossible d’en profiter, tant l’asphyxie de la culpabilité pèse sur son corps. Et ce qui rend cette expérience si oppressante, c’est la maîtrise de sa temporalité, de son rythme, de son montage, de sa mise en scène. L’histoire ne tient qu’en quelques jours/heures mais Stéphane Demoustier prend le temps de développer la psychologie fragile des adolescents qu’il filme, chacun avec ses envies, ses caractères, ses réalités. C’est un film sur la vie, sur ses changements, sur ses points de non-retour.
Il faut dire que la vision du film de Brandt Andersen nous avait bouleversé, à la fois par le contexte du triptyque qu’il nous avait conté que par l’angle qu’il avait opté pour le faire. Très sombre mais aussi rempli d’un peu d’espoir, son long-métrage à longtemps infusé en nous, nous questionnant sur nos inactions, sur la réalité vécue par d’autres citoyens plus au Sud de notre Europe. S’ancrant dans la Syrie mise à feu et à sang, dans des camps de fortune pour migrants, dans des espaces de passage hostiles tant sur le plan sécuritaire qu’humain, « Le passage » ne peut laisser indifférent. Parce qu’il dénonce une réalité, avec rudesse et intégrité, parce qu’il illustre ce que nous ne pouvons/voulons pas toujours voir, le long-métrage de Brandt Andersen est un porte étendard qui a su se frayer une place dans nos salles. Et si le nom d’Omar Sy peut attirer les fans de son rire éclatant et sa bonhommie légendaire, détrompez-vous. Vous le découvrirez sous un jour nouveau et vous plongerez dans un film à mille lieues de ce que vous pouvez imaginer. Entrer dans ce « Passage », c’est affronter la vie, c’est vivre l’insécurité au plus près, par une spatialisation du son qui bourdonne encore dans nos oreilles, c’est espérer aller de l’avant sans pouvoir le faire réellement. Par leur récit, leur sacrifice et leur témoignage, les personnages du film ont tous quelque chose à nous dire, une réalité à nous présenter quelque soit leur statut, leur engagement, leur destinée.
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Pour son premier grand rôle sur grand écran, l'actrice australienne Milly Alcock- (que le grand public a découverte en Rhaenyra Targaryen dans la série « House of the Dragon ») ne démérite absolument pas. Bien au contraire, elle habite littéralement son personnage. Loin de l'image d'Épinal de la super-héroïne polie et irréprochable, cette Kara Zor-El traîne son spleen et sa solitude dans des bars intergalactiques, une bouteille à la main. Ce choix d’écriture dépoussière le mythe et rappelle furieusement le « Hancock » de Will Smith. On y retrouve cette même trajectoire d'un dieu vivant désabusé, doté d'une force herculéenne et de la capacité de voler, mais complètement déconnecté du monde. Un univers visuel fort face à un scénario en pilotage automatique Le réalisateur Craig Gillespie prouve qu'il a de solides références cinématographiques et insuffle au film une direction artistique soignée. On y découvre une esthétique post-apocalyptique franchement réussie, portée par des planètes aux identités visuelles bien distinctes qui favorisent l'immersion. Les antagonistes affichent d'ailleurs une sacrée gueule et un look "crasseux" qui semble tout droit sorti de l'univers de « Mad Max ». Cependant, cette belle créativité plastique se heurte à un scénario en pilotage automatique. L'histoire ne casse pas trois pattes à un canard. On retrouve une énième histoire de vengeance pour laquelle notre héroïne va prêter assistance à une enfant ayant perdu sa famille. Oui, on a vu plus original, nous l’écrivions ! Dans le cas présent, la jeune actrice britannique Eve Ridley nous convainc du haut de ses quatorze ans. Si le rythme global reste constant, le spectateur fait face à un manque flagrant d'originalité, avec une impression tenace de déjà-vu, ainsi qu'à un ventre mou à mi-parcours. Le script se montre trop conforme aux codes balisés du genre, faisant fi de la créativité de certaines productions récentes qui osent s'aventurer sur des sentiers plus audacieux. Des guests de luxe en sous-régime et une action qui manque d'air Au rayon de la distribution, le bilan est doux-amer. Matthias Schoenaerts prête ses traits au grand méchant de l'histoire et s'il est amusant de le voir incarner un antagoniste complètement allumé, son personnage manque cruellement d'épaisseur dramatique et de charisme, ce qui s'avère être un vrai gâchis de talent. De son côté, Jason Momoa assure la caution "curiosité" du film en incarnant un mercenaire immortel et résolument badass. Malheureusement, lui non plus n'échappe pas à un traitement de surface qui aurait mérité plus de profondeur. Heureusement, les effets spéciaux numériques se situent dans la moyenne haute de ce genre de production, offrant un rendu visuel globalement propre et soigné. En revanche, là où le réalisateur trébuche véritablement, c'est dans la lisibilité de ses scènes d'action. Le découpage manque cruellement de respiration et surtout de recul, l'utilisation de plans trop serrés et d'un montage haché rendant certains affrontements assez confus à suivre à l'écran. Finalement, « Supergirl » s'en sort comme un film moyen mais divertissant. En tentant de poser les bases d'un lore étendu et de connecter son univers à celui de son illustre cousin Superman, le film rate la marche de l'originalité.
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Légende
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