Pour son premier grand rôle sur grand écran, l'actrice australienne Milly Alcock- (que le grand public a découverte en Rhaenyra Targaryen dans la série « House of the Dragon ») ne démérite absolument pas. Bien au contraire, elle habite littéralement son personnage. Loin de l'image d'Épinal de la super-héroïne polie et irréprochable, cette Kara Zor-El traîne son spleen et sa solitude dans des bars intergalactiques, une bouteille à la main. Ce choix d’écriture dépoussière le mythe et rappelle furieusement le « Hancock » de Will Smith. On y retrouve cette même trajectoire d'un dieu vivant désabusé, doté d'une force herculéenne et de la capacité de voler, mais complètement déconnecté du monde. Un univers visuel fort face à un scénario en pilotage automatique Le réalisateur Craig Gillespie prouve qu'il a de solides références cinématographiques et insuffle au film une direction artistique soignée. On y découvre une esthétique post-apocalyptique franchement réussie, portée par des planètes aux identités visuelles bien distinctes qui favorisent l'immersion. Les antagonistes affichent d'ailleurs une sacrée gueule et un look "crasseux" qui semble tout droit sorti de l'univers de « Mad Max ». Cependant, cette belle créativité plastique se heurte à un scénario en pilotage automatique. L'histoire ne casse pas trois pattes à un canard. On retrouve une énième histoire de vengeance pour laquelle notre héroïne va prêter assistance à une enfant ayant perdu sa famille. Oui, on a vu plus original, nous l’écrivions ! Dans le cas présent, la jeune actrice britannique Eve Ridley nous convainc du haut de ses quatorze ans. Si le rythme global reste constant, le spectateur fait face à un manque flagrant d'originalité, avec une impression tenace de déjà-vu, ainsi qu'à un ventre mou à mi-parcours. Le script se montre trop conforme aux codes balisés du genre, faisant fi de la créativité de certaines productions récentes qui osent s'aventurer sur des sentiers plus audacieux. Des guests de luxe en sous-régime et une action qui manque d'air Au rayon de la distribution, le bilan est doux-amer. Matthias Schoenaerts prête ses traits au grand méchant de l'histoire et s'il est amusant de le voir incarner un antagoniste complètement allumé, son personnage manque cruellement d'épaisseur dramatique et de charisme, ce qui s'avère être un vrai gâchis de talent. De son côté, Jason Momoa assure la caution "curiosité" du film en incarnant un mercenaire immortel et résolument badass. Malheureusement, lui non plus n'échappe pas à un traitement de surface qui aurait mérité plus de profondeur. Heureusement, les effets spéciaux numériques se situent dans la moyenne haute de ce genre de production, offrant un rendu visuel globalement propre et soigné. En revanche, là où le réalisateur trébuche véritablement, c'est dans la lisibilité de ses scènes d'action. Le découpage manque cruellement de respiration et surtout de recul, l'utilisation de plans trop serrés et d'un montage haché rendant certains affrontements assez confus à suivre à l'écran. Finalement, « Supergirl » s'en sort comme un film moyen mais divertissant. En tentant de poser les bases d'un lore étendu et de connecter son univers à celui de son illustre cousin Superman, le film rate la marche de l'originalité.
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