Car pour qui s’est déjà plongé dans l’univers de l’auteure dont est extrait ce long-métrage, il pouvait résider une crainte de se sentir dépasser ou assommer de descriptions inutiles ou au contraire, un enthousiasme d’y retrouver la patte de cette Amélie Nothomb si singulière… Mais détrompez-vous, l’adaptation du court roman « Métaphysique des tubes » relève le défi de mêler savoir-faire et tendresse, histoire personnelle et universelle dans un contexte d’expatriation. Philosophie et résolument émouvant, « Amélie et la métaphysique des tubes » est davantage une ode à l’enfance qu’à l’écrivaine au grand chapeau ! Un film entre naïveté et… lucidité. Dans son roman sorti en 2000, Amélie Nothomb dépeint ses premières années de vie dans un Japon fantasmé par ses dires et ses souvenirs. De sa naissance à sa prise de conscience et ses premiers pas et mots (à l’âge d’environ 3 ans), elle nous confie une lecture introspective des événements entourant sa famille, sa vie, la venue de sa grand-mère et l’arrivée providentielle d’une « nounou/aide familiale » qu’elle a chérie. Tout cela, le film le conserve, allant jusqu’à nous guider par une voix off bienvenue, contextualisant tantôt les épisodes de sa vie, tantôt les émotions qui la traversent Poétique et d’une grande beauté artistique « Amélie et la métaphysique des tubes » donne une place de choix à l’enfance au sens large. Découvrant la douceur du chocolat blanc de son pays natal (élément déclencheur qui l’ouvrira sur toutes les curiosités qui l’entourent) mais aussi les traditions japonaises qu’elle pense être siennes, la petite Amélie entre dans le monde, celui qui ne se limite plus à sa chambre ni à son humble maisonnée mais à la nature et la grandeur des espaces qui l'ont toujours entourée. Après une installation nécessaire où les difficultés de la vie semblent être des obstacles insurmontables vient la délivrance, l’indépendance, la liberté et… sa quête identitaire. Comment peut-on se définir ? Comment savoir à quelle culture appartenir ? Evoluant dans une société japonaise souffrant des marques de la colonisation, la jeune Amélie va être tiraillée entre envie d’apprendre (ou d’appartenir) et rappelle à une réalité qui la précède (et la dépasse). Et si le fond est admirable, la forme l’est tout autant. D’un point de vue esthétique, le film est une merveille d’artisanat, fait de textures douces, de palettes de couleurs très justement choisies pour dépeindre les questionnements de l’enfance. Et si la 2D semble parfois lui conférer un petit style intemporel, le film s’inscrit pourtant dans une très jolie modernité et actualité, celle de (se) découvrir et sortir d’une solitude qui pèse alors que tout est à faire !
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