On prend les mêmes et on recommence ? La première partie du film réussit à capturer l’esthétique et l’intensité propre à la saga. Les combats sont minutieusement chorégraphiés, et la mise en scène soignée rappelle le style des précédents volets. Car même si le réalisateur Len Wiseman est plutôt habitué aux séries, on lui doit tout de même « Die hard 4 ». Le genre action, il connait ! Mais alors, quelles sont les nouveautés ? Et bien d’abord, l’héroïne, bien que plus vulnérable que John Wick, incarne une tueuse déterminée dont les motivations s’inscrivent dans la logique de cet univers. La présence de Winston et Charon renforce cette continuité et les amateurs de la franchise retrouvent avec plaisir les cadres bien établis du monde des assassins. En cela, le film fonctionne plutôt bien. Cependant, à mesure que l’histoire progresse, le film semble perdre de vue sa cohérence. L’un des exemples les plus marquants est l’utilisation du lance-flammes dans un combat rapproché, une scène où l’héroïne exécute ses adversaires dans un ballet pyrotechnique improbable. Certes, l’effet est spectaculaire mais cette exagération frôle le ridicule et s’éloigne de la logique tactique des précédents films. Autre problème à souligner : la représentation de la secte qui contrôle la ville d’Hallstatt. Annoncée au départ comme une organisation secrète et redoutée, elle finit par opérer au grand jour, avec une influence qui la fait presque passer pour une entité officielle. Cette absence de subtilité rompt avec l’approche raffinée de la saga principale et affaiblit l’impact de cette menace censée être invisible. Mais l’un des aspects les plus dérangeants du film est très probablement la violation de l’hôtel Continental par certains tueurs. Depuis le premier John Wick, ce lieu incarne un sanctuaire sacré où les assassins savent qu’aucune violence ne peut être tolérée sous peine de représailles immédiates. Pourtant, dans « Ballerina », ce crédo semble négligé, comme si les conséquences n’étaient plus un frein. Cette incohérence est d’autant plus frustrante que l’hôtel joue un rôle clé dans la mythologie de la saga et cela représente, à notre sens, un crime de lèse-majesté impardonnable. En définitive, même si les fans de John Wick risque de se pousser au portillon, « Ballerina » est un film en demi-teinte. Il démarre sur une note prometteuse en respectant les codes de la franchise, mais sa seconde moitié s’égare dans l’excès et l’invraisemblance, fragilisant la crédibilité de son univers.
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