Le principal défaut du film de Travis Knight réside dans son incapacité chronique à embrasser sa propre absurdité. Là où le récent « Donjons & Dragons » avait parfaitement compris la recette, s'imposant comme un petit bijou d'humour heroic fantasy capable de s'auto-parodier sans jamais mépriser son univers, cette nouvelle mouture commet l'erreur de se prendre un peu trop au premier degré. Ce sérieux rend l'expérience d'autant plus laborieuse que le film souffre d’une durée excessivement longue, un choix totalement incompréhensible tant l'intrigue globale, d'une minceur abyssale, peut tenir sur un timbre-poste. Visuellement, le long-métrage balance constamment entre l'héritage d'un dessin animé kitsch, lancé à l'origine par Mattel pour vendre des jouets, et la modernité d'effets spéciaux très clinquants qui peinent à masquer le manque de texture de cet univers numérique. Tout ne sonne pas faux pour autant, et le film s'offre une jolie respiration au rayon des bonnes surprises grâce à un petit caméo inattendu, véritable clin d'œil pour les passionnés de la première heure et les nostalgiques du film de 1987. Cependant, on ne peut s’empêcher de penser que Nicholas Galitzine manque encore un peu de muscle pour le rôle. Quant à Idris Elba, on se demande ce que l’acteur fait là, mais lui, semble y trouver son compte et fait illusion dans ce monde barré. Une réécriture sous la bannière du drapeau arc en ciel Fait interpellant, le propos transcende son simple statut de blockbuster de commande pour livrer une ode vibrante à l'acceptation de soi. La volonté de s'assumer tel que nous sommes transpire si bien de cette nouvelle relecture qu'elle flirte ouvertement avec l'allégorie du coming-out, apportant une couche de modernité.
Action, Fantastique - 2h 12min - De Travis Knight avec Nicholas Galitzine, Camila Mendes, Alison Brie, Idris Elba
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Avis : « Naked », « Cinquante nuances de black » ou encore « Ghost bastards », c’était lui. Michael Tiddes, qui prend les manettes du nouvel opus de « Scary Movie » pour la première fois, se lance dans une suite (ou reboot ?) d’une saga populaire qui renait plus de 10 ans après son aînée. Et que dire de ce nouvel opus ? Qu’il est fidèle à l’esprit des long-métrages de notre adolescence qui n’a jamais cessé de parodier ou s’amuser des films de genre, de dénoncer les dérives de la société américaine et de balancer des blagues graveleuses à un rythme effréné. Qu’il convoque le casting originel qui n’a rien perdu de sa superbe mais aussi qu’il aborde tous les sujets « tabous » actuels : l’homophobie, le racisme, le sexisme, le capitalisme, le patriarcat bref, rien ni personne n’est épargné et c’est tant mieux ! Audacieux, assumé, poussif, « Scary Movie 6 » a retrouvé ses fans (il suffit d’entendre les réjouissances et les exclamations du public pour le mesurer pleinement), son ton insolent et grossier, ses obsessions et ça marche. Alors oui, le film s’adresse à un public averti et tout le monde n’appréciera pas la démarche… Mais en poussant la porte de notre salle, on sait ce que l’on va y trouver et la promesse est tenue. Ni révolutionnaire, ni consensuel, le film balance des vannes, une bande originale punk/pop/rap, des répliques caustiques ou des scènes parfois gênantes. Il bouscule, choque et amuse… comme toujours.
En effet, le film suit le parcours d'une petite fille en Irak, dont la mission-imposée par son instituteur- est de confectionner un gâteau pour l'anniversaire de Saddam Hussein. Ce qui pourrait sembler être une simple tâche scolaire devient ici un véritable chemin de croix, d'une violence symbolique folle. On reste sans voix devant la somme de difficultés que rencontre cette enfant. Voir Baneen Ahmad Nayyef, cette jeune comédienne absolument magistrale et d'une justesse incroyable, se démener pour accomplir cette tâche est tout simplement révoltant. Il y a des images qui restent gravées, comme celle de cette petite fille qui, après avoir terminé ses corvées domestiques, s'éclaire à la bougie sur une barque pour réussir à étudier ses devoirs. C’est le genre de film qui vous remet les idées en place : quand on entend nos jeunes se plaindre d'aller à l'école, ce long-métrage nous force à tout relativiser. C’est un portrait terriblement humain, poignant, qui risque bien de vous arracher une larme tant le combat de cette enfant est injuste. Et le plus tragique, c’est que sur sa route, toutes les personnes ne sont pas recommandables. Certaines sont cupides, d’autres sont égoïstes ou perverses. Mais heureusement, un adulte va se détacher de cette sombre galerie pour se mettre à hauteur d’enfant et apporter un peu d’humanité, car le sort de cette enfant semble le toucher. Un chef-d'œuvre de résilience Toute la force de ce récit réside dans ce qu'il raconte de cette résilience. À travers le regard de sa jeune héroïne, Hasan Hadi ne se contente pas de filmer la dureté d'un régime ou la précarité d'un quotidien ; il filme l'étincelle de dignité qui refuse de s'éteindre. Ce gâteau, symbole d'une oppression absurde, devient paradoxalement le catalyseur d'une force intérieure extraordinaire. "The President’s Cake" est une œuvre rare, qui trouve le parfait équilibre entre la dureté de son propos et la poésie de ses images.
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