En effet, si la rencontre d’Antoine et de Suzanne se fait au sein d’une foire itinérante (très joliment représentée surtout pour son côté « vendeuse de rêve » de pacotille) , on regrette que le rapport entre Suzanne, sa colocataire et Titus ne soit pas plus exploité. La reconstitution numérique et concrète du Paris d’antan est jolie à regarder mais on a aussi cette sensation d’avoir observé une carte postale et de l’avoir déposée une fois son panorama contemplé. Car ce qui semble le plus intéressé son réalisateur et scénariste, ce sont les thématiques du deuil, de la créativité, de la découverte de l’amour, autant de sujets qui, pour le coup, se fondent dans l’intrigue avec douceur, dramaturgie et/ou romantisme. Pio Marmaï et Anaïs Demoustier tiennent le film d’une bien belle façon et la relation de leurs personnages touche au cœur, Gilles Lellouche est totalement crédible dans son rôle d’ami galeriste et Vimala Pons crève l’écran dans chacune de ses scènes. L’idée d’illustrer et donner vie à un carnet intime est un réel plus pour le déroulement de l’histoire, celle d’utiliser des artifices pour faire croire à un lieu spirituel aussi. Le décor de la maison d’Antoine ou celle de la caravane de Suzanne est magnifique et pourtant, il manque un petit supplément d’âme dans cette « Vénus électrique » qui divertit mais n’hypnotise pas. Peut-être parce que le film aurait gagné à être amputé d’une demi-heure et de certaines redondances. Ou est-ce à cause de ses comportements et dialogues tantôt proches de l’époque, tantôt anachroniques ? Difficile à dire !
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