De « Ma vie en l’air » au « Coup de maître » en passant par le mémorable « Premier jour du reste de ta vie » ou « Le mystère Henri Pick », on s’est habitué à son ton, son style, ses duos qui fonctionnent. Et découvrir « Le crime du 3ème étage » était l’une de nos attentes de ce mois de mars. Mais est-ce la fatigue ou le résultat de la proposition, nous avons peiné à rester captivés par cette enquête ultra référencée et cet hommage appuyé à Hitchcock, des dialogues aux clins d’œil, de la mécanique à ses reproductions cinématographiques. Et si on connaît l’amour de Rémi Bezançon pour les récits romanesques et les histoires surprenantes de bout en bout, ici, il change un peu de style, tout en gardant son savoir faire et en mettant en lumière son amour pour le suspense et le cinéma de Hitch. L’idée de base est intéressante, l’angle totalement assumé mais on finit par étouffer sous la tonne de références venues ponctuer un récit déjà lui-même saccadé par la fiction écrite par son personnage principal : Guillaume, un écrivain peu inspiré/inspirant. Pourtant, l'affiche avait de quoi susciter l’envie. Laetitia Casta y incarne une professeure à la Sorbonne spécialiste de Hitchcock, une voisine un peu trop curieuse qui assiste à un assassinat dans un appartement faisant face à chez elle. Gilles Lellouche, lui, est son mari écrivain en panne d’inspiration, un homme qui ne semble plus pouvoir goûter à la vie et qui reprend son souffle grâce à cette enquête venue à point pour réanimer son couple. Quant à Guillaume Gallienne, il est ce voisin étrange, un acteur peu reconnu qui veut faire bouger les lignes et qui, par un soir très arrosé, aurait peut-être assassiner sa femme sourde et muette. Le casting aurait pu être enthousiasmant mais on sent très vite les limites de leurs personnages si prévisibles, si caricaturaux. On rit de bons cœurs à quelques reprises, on s’amuse de l’enquête venue ressouder un couple à la dérive mais on finit par trouver le temps long, très long. Tous les ingrédients d’un polar ou film de suspense noir sont réunis, tout sent bon le cinéma d’Hitchcock mais là où le cinéaste suggérait l’intrigue et ses rebondissements, Bezançon les souligne ou les passe à la loupe. Souvent, trop souvent. L’esthétique est sympathique, l’intention aussi mais on trouve le résultat un peu fade malgré l’aspect copieux d’un film qui se veut généreux. Ultra parodique, « Le crime du 3ème étage » semble ne pas savoir sur quel pied danser. Sur la longueur, on finit par se lasser de ce métrage ultra référencé qui en oublierait presque d’exister par lui-même. Certes, on a très envie de redécouvrir « Vertigo », « Fenêtre sur Cour » ou « La mort aux trousses » dont il s’inspire mais on aurait tellement voulu que ce rejet Hitchcockien se démarque et nous emporte dans sa danse, dans un rythme plus soutenu ou moins "plan plan".
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