ll s’agit d’un biopic qui s’intéresse à une secte religieuse du 18e siècle, les Shakers, née en Angleterre et migrée en Amérique du Nord dans ce qui était alors le pays de tous les espoirs, de toutes les libertés. Sous l’impulsion de Ann Lee (incroyable Amanda Seyfried), cette petite communauté qui prêche l‘égalité des sexes et l’abstinence dérange l’église protestante, une femme non seulement ose se poser en guide spirituelle, mais leurs rituels de prière sont étranges, outre qu’ils se mettent à danser et chanter, ce sont surtout ces transes dans lesquelles ils rentrent qui inquiètent les ecclésiastiques et les bigots. Le nom de « shakers » (trembleurs) vient de ces rituels hérités d’un culte païen plutôt que d’une religion chrétienne si codifiée. En plus, ils croient au retour du Christ sous les traits d’une femme, aberration totale ! Le film s’épanche d’abord sur la vie d’Ann Lee – son enfance, ses traumatismes, sa famille – avant de se consacrer à la construction de sa petite communauté de fidèles en marge de la société. Évidemment on chante, beaucoup même, la voix d’ange d’Amanda Seyfried se prête à merveille au style folk des hymnes religieux (certains réellement issus du « répertoire » des Shakers) et dont la musique est composée par Daniel Blumberg. La musique est ici diégétique, c’est-à-dire qu’elle fait partie intégrante de la narration et n’est pas là pour remplacer des scènes de dialogues entre les personnages, par exemple. Les danses sont très chorégraphiées, une vraie prouesse alors que la caméra tourne autour des personnages. Les prises de son en direct ajoutent encore à la complexité de ces séquences chantées. Quant à la réalisation, on sent qu’un œil européen est derrière, les images – tournées sur pellicule en 35 mm - sont crues mais réalistes, les couleurs sont froides et baroques comme une peinture du 18e siècle, ajoutant au côté authentique de l’histoire. Un grand drame humain à la tonalité particulière qui a l’intelligence de ne pas juger.
2 Commentaires
Antoine
3/30/2026 07:25:58 pm
Alors... Il y avait littéralement 0% de chances pour que j'aille voir ce film à mille lieues de ce qui peut m'attirer en temps normal... Mais c'est justement la bande annonce qui l'a fait me dire "je pourrais aller voir ça sur scène et trouver ça intéressant alors pourquoi pas au cinéma ?"
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Ecran et toile
3/30/2026 08:19:25 pm
Entièrement d'accord avec toi! Ca aurait été dommage de ne pas trouver de distributeur pour relever le pari de la sortie (malgré le succès opéré par "The brutalist"). Jamais clivant, c'est un film à voir sur grand écran
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Légende
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