On se laisse embarquer sans résistance dans cette enquête menée par une bande de flics ringards qui ne réalisent même pas à quel point ils le sont. « Quand y en a marre, y a malabar » Le film repose sur un savoureux mélange : un polar volontairement has been, un humour de situation omniprésent, et une reconstitution assumée d’une époque révolue — celle des années 80, avec ses mains aux fesses, ses blagues douteuses et ses looks flashy. Malgré ce cocktail potentiellement casse-gueule, la comédie touche juste. On ne s’ennuie pas une seconde devant ces policiers dépassés, chargés de résoudre le meurtre d’un ripoux empêtré dans une sombre affaire de narcotrafiquants. François Damiens brille dans le rôle du chef sûr de lui mais complètement à côté de la plaque. Le décalage entre son attitude et nos standards éthiques contemporains est un régal, donnant au film une saveur délicieusement croustillante. Autour de lui, l’équipe fonctionne à merveille : Audrey Lamy incarne une policière intrépide et compétente mais jamais reconnue à sa juste valeur, tandis que Xavier Lacaille et Brahim Bouhlel complètent ce quatuor aussi improbable qu’attachant. L’alchimie opère pleinement. Et enfin, notre coup de cœur revient à Thomas Ngijol, parfait dans son rôle de Luc Le Timal. La bande originale, truffée de tubes reconnaissables entre mille, ajoute une couche de nostalgie parfaitement assumée. Les décors et costumes participent eux aussi à ce voyage temporel : anciennes marques, références d’époque, couleurs criardes… tout concourt à recréer une banlieue des années 80 où les centres de jeunesse jouaient encore un rôle essentiel.
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