Son sujet d’abord, le mythe de Frankenstein ayant baigné mon existence. Ses acteurs.trices ensuite. Sur la réalisatrice Maggie Gyllenhall que je ne connaissais “que” comme actrice jusque-là (je n’ai toujours pas vu « The Lost Daughter », mea culpa), je n’avais pas d’apriori, si ce n’est une curiosité de voir comment elle allait traiter son propos – elle est ici également scénariste - et si elle allait être capable de s’affranchir de toutes les adaptations qui ont précédé la sienne. Et je peux maintenant dire que j’ai été impressionnée. Par l’histoire qui se réapproprie la créature de Frankenstein de Mary Shelley – qui devient ici protagoniste surprenante de cette histoire – et fait appel au film de James Whale « La fiancée de Frankenstein » (1935), film qui déjà extrapolait sur un élément du roman en donnant vie à cette “Bride” mythique alors incarnée par l’actrice Elsa Lanchester. Impressionnée aussi par le ton qui assume complètement le choix du “mash-up”, style littéraire qui mélange les sources et les genres pour créer un nouvel hybride créatif. Bluffée par la photographie due à Lawrence Sher (lauréat d’un Oscar pour « Joker »). Il me faut mentionner également la musique de l’Oscarisée Hildur Guðnadóttir qui nous convie à une évocation des meilleures compositions du Hollywood de l’entre-deux-guerres, teintée d’une modernité folle. La scénariste-réalisatrice s’attache à donner autant d’importance à l’écran au duo : Frank, sa créature de Frankenstein qui balade son immortalité à la recherche de compagnie (Christian Bale en grande forme, comme toujours) et Ida alias la Mariée à qui l’incroyable Jessie Buckley donne corps et âme. Deux personnages qui marquent et trouvent sans mal leur place au panthéon des antihéros de cinéma. Buckley dans un double rôle puisqu’elle devient aussi l’auteure par qui tout a commencé, Mary Shelley elle-même nous parle depuis les limbes ! Même le savant fou qui va de pair avec le roman culte devient sous les traits de l’épatante Annette Benning un personnage inédit. Et le bonus inattendu va à Jake Gyllenhall (le petit frère) qui se transforme en star hollywoodienne d’antan, chant et danse à l’appui (que ne sait-il pas faire ?). Fou, trépidant, généreux, mélancolique, voilà encore quelques adjectifs qui se bousculent dans ma tête en écrivant ces lignes quelques jours après avoir vu le film. Aussi assurément féministe, évidemment et heureusement ! La Mariée mène le bal, elle est en colère et le fait savoir, il faut la voir devenir malgré elle lanceuse d’un mouvement #MeToo avant l’heure (partie du film qui aurait pu être mieux développée, c’est vrai, mais qui reste nécessaire dans le cinéma « mainstream »).
De Maggie Gyllenhaal – Avec Jessie Buckley, Christian Bale, Annette Bening, Penélope Cruz, Peter Sarsgaard, Jake Gyllenhall, Jeannie Berlin
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