Souffrant de défauts qui pourront en rebuter certains, dirigé par un scénario assez classique et souvent prévisible, le film tombe parfois un peu trop dans le mélodrame. Cependant, d'autres pourront être charmés par la grande douceur d’un film qui est juste là pour nous faire du bien le temps de 1h30 et qui y parvient totalement. L’œuvre aborde les thèmes de la paternité et du deuil, des sujets qui vont toucher les spectateurs, et se suit avec beaucoup de plaisir. Les personnages sont attachants et l’humour fonctionne assez bien, Gérard Jugnot étant clairement le meilleur élément humoristique de l’œuvre. "Comme par magie" est un film très délicat et qui m’a vraiment donné le sourire. Christophe Barratier et toute l’équipe nous ouvrent leur cœur, transmettent tout l’amour qu’ils ont pour leur film et pour ses thématiques à tel point que l'on mesure aisément leur enthousiasme de partager avec nous ce long métrage et leur envie de nous émouvoir. Quant à Kev Adams, il trouve ici son meilleur premier rôle. Le comédien tente, ces derniers temps, de faire évoluer sa carrière en étant plus exigeant sur les films qu’il choisit et ça se comprend. On ressent réellement son envie de se détacher de son image qui lui colle à la peau depuis ses débuts. Plein de bonne volonté, fier de nous faire découvrir ce film pour lequel il s’est donné à fond et qui l’a fort touché, il s'implique, progresse même s'il doit encore travailler sur certaines scènes plus dramatiques... Il sort peu à peu de sa zone de confort notamment grâce aux tours de magie, impressionnants, qu'il a réalisés lui-même (a-t-il confié au public lors de l'Avant Première du film au Kinepolis de Braine l'Alleud). "Comme par magie" n’est certes pas un film parfait (l'intrigue a déjà été vue et son côté mélodramatique n'est pas toujours très subtil) mais si on peut passer au-dessus de cela, on découvre un film extrêmement sympathique. C’est sincère, tendre et sans prétention, et on prend beaucoup de plaisir en le regardant.
Durée du film: 1h33
Genre: Comédie Date de sortie en Belgique/France: 15 novembre 2023 De Christophe Barratier - Avec Gérard Jugnot, Kev Adams, Claire Chust et Laurent Maurel
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Avis : Débutant plutôt bien grâce au rythme des débuts et par un quiproquo (forcément) rigolo, la comédie de Gilles Legardinier- d’ailleurs auteur du livre du même nom- s’enlise par la suite pour devenir une comédie plus statique et poussive. Heureusement, il reste la prestation peu ordinaire de John Malkovitch... Mais cela suffira-t-il ? Bien que l’idée de départ soit fort classique (un veuf qui décide de revenir à l’endroit de sa rencontre…), voir le grand John Malkovich dans un film français, parlant totalement la langue de Molière a quelque chose de réjouissant ! Et si nous étions mauvaise langue, nous dirions que c’est peut-être la seule qualité marquante du film. Cependant, on peut aussi se réjouir de la voix suave Fanny Ardant, maitresse de maison en proie à une profonde mélancolie mais c’est à peu près tout... Car oui, même si nous retrouvons avec plaisir Emilie Dequenne, son jeu très « théatral » ne nous a pas emporté. Et que dire du personnage d’homme à tout faire vivant dans un cabanon au fond des bois et campé par Philippe Bas ?
Durée du film : 1h 50min
Genre : Comédie, Drame, Romance Date de sortie en Belgique : 8 novembre 2023 Date de sortie en France: 1 novembre 2023 De Gilles Legardinier - Avec John Malkovich, Fanny Ardant, Emilie Dequenne
Centré sur la cuisine d’Eugénie, la « bonne amie » du Didon Bouffant du titre, le film de Tran Anh Hung est un joli prétexte pour partager le savoir faire gastronomique français, pour réunir un tandem cinématographique très apprécié (Juliette Binoche et Benoît Magimel) mais aussi de nous transporter dans une époque pas si lointaine où tout semblait plus simple. Magnifiant les lieux et les personnages rencontrés, « La passion de Dodin Bouffant » prend son temps, expose chaque geste, chaque détail aux yeux de ses spectateurs qui prendront un plaisir certain à se faire un bon petit gueuleton à la sortie de la projection. Mais aussi beau soit le film de Tran Anh Hung, on ne peut que regretter son manque d’enjeu(x), sa longueur excessive et son timide développement. Pudique, le lien qui unit Dodin et Eugénie se veut aussi très tendre mais les scènes dédiées à ce rapport sont malheureusement trop peu nombreuses et la romance devient secondaire, ne s’exprimant que trop rarement alors qu’elle aurait pu être abordée un peu plus ou différemment. Nul doute que le film aurait été bien plus marquant s’il avait été un tantinet plus centré sur cette histoire d’amour marquante pour ce couple, sur le développement de ses personnages secondaires féminins œuvrant dans la cuisine et parfois sous-exploités. On se prend d’affection pour tout ce petit monde tournant autour de ce Dodin Bouffant, qu’ils soient amis, petites mains, compagne ou simplement de passage. Le film existe par sa cuisine (et les gestes techniques transmis par Pierre Gagnaire), moins par ses personnages et c’est bien dommage(able).
Durée du film : 2h14 Genre : Drame, romance Date de sortie en Belgique/France : 8 novembre 2023 De Tran Anh Hung – Avec Juliette Binoche, Benoît Magimel, Galatéa Bellugi et Bonnie Chagneau-Ravoire
Lente dans son traitement, sa mise en place et son rythme, cette nouvelle proposition de cinéma à beau être ancrée dans notre actualité brulante (on évoque la guerre en Ukraine, la crise économique européenne catastrophique), elle n’en reste pas moins intemporelle. Ses décors sobres (et sombres), la vie austère que mènent ses deux personnages principaux, leurs activités et même leurs styles nous font douter en permanence de l’époque dans laquelle nous évoluons. Et ce choix, plutôt que de déconcerter, permet de se centrer sur l’essentiel, de toucher le plus grand nombre et de revenir à une tempérance tout à fait adaptée. Car les « Feuilles mortes » du réalisateur finlandais est un portrait empathique pour une classe ouvrière/populaire de plus en plus oubliée, celui de deux personnages « paumés » qui auraient pu se croiser à de multiples reprises mais que la vie a longtemps fait s’esquiver. Mélancolique, le film se veut aussi très poétique ou terre à terre selon les moments de son intrigue, dur ou tendre en fonction de ce que traverse ses héros ordinaires. Jamais misérabiliste, le ton permet d’apprécier la tendresse qui va peu à peu émerger de ces visages qui ont été longtemps fermés par la difficulté d’un quotidien dont ils ne parviennent pas à se dépêtrer. Et si son film se veut avant tout sociétal, il est aussi un très joli hommage au septième art en général, aux arts et est ponctué de références qu’on apprécie découvrir sur une affiche, un film projeté, une évocation, un titre, un clin d’œil qu’on pourrait ou non repérer.
Durée du film : 1h21
Genre : Comédie dramatique Date de sortie en Belgique : 1 novembre 2023 De Aki Kaurismäki – Avec Alma Pöysti, Jussi Vatanen
Avec « Second tour », le cinéaste ne déroge pas à la règle puisqu’il se lance dans une nouvelle satire politique et sociétale drôle à souhait, une comédie efficace grâce à son tandem de choix et surtout à la présence d’un Nicolas Marié qu’on adore retrouver. Moins surprenante (et totalement prévisible dans son dernier tiers) que d’ordinaire, l’intrigue de son nouveau long-métrage se déroule par le biais d’une enquête journalistique a priori confuse mais au final bien plus claire qu’il n’y parait. Rythmé, n’oubliant jamais d’ajouter sa petite touche comique bienvenue aux situations rocambolesques rencontrées, « Second tour » se voit avec un plaisir certain et non dissimulé. Et même si Dupontel (ab)use parfois de nouvelles techniques de réalisation et prend de temps à autre la voie de la facilité, on ne peut pas le lui reprocher tant son ensemble reste cohérent et son ton très justement impertinent. On apprécie le jeu (et les répliques du personnage) de Cécile de France, on jubile devant chaque scène mettant en avant ce « Gus » ultra attachant (Nicolas Marié qui vaut à lui seul le déplacement en salle juste pour mesurer son potentiel comique tellement sublimé) et on se prend au jeu de cette enquête qui aboutit sur un final certes convenu mais malgré tout touchant.
Durée du film : 1h35
Genre : Comédie Date de sortie en Belgique : 1er novembre 2023 De Albert Dupontel – Avec Cécile de France, Nicolas Marié, Albert Dupontel et Uri Gravriel
Un voyage poétique bien mystérieux Comme souvent, les films du studio Ghibli s’apparentent à un récit iniatique qui passe par l’expérience. Et dans le cas présent, il nous conte l’histoire d’un jeune garçon qui perd de façon soudaine sa mère et c’est tout son monde qui s’effondre. Avec « Le garçon et le héron », c’est le cycle mort/renaissance qui trouve ici une place centrale, le film s’adressant davantage à un public adulescent et bien moins à la jeunesse qui passerait à côté de son propos. Comme toutes les œuvres initiatiques, il existe une dimension crépusculaire dans ce dernier né des célèbres studios. En effet, en se lançant tête la première dans son aventure, ce jeune garçon accepte de voir son monde disparaitre pour vivre de nouvelles épopées dont les nombreux remous apporteront les éléments dynamiques de sa trajectoire. Une nouvelle toile somptueuse Assurément, la plus grosse qualité du film tient de sa dimension esthétique. D’ailleurs, la scène d’introduction restera dans les mémoires. A la fois réaliste, violente et hypnotique, celle-ci est filmée en caméra subjective et notre héros devra passer bon nombre de silhouettes grisâtres pour rejoindre un hôpital en flamme situé à l’autre bout de la ville ! Et dans ce chaos, nous ressentons la chaleur du feu et l’urgence de la situation. S’apparentant à une succession de splendides tableaux dégageant beaucoup de force et de lyrisme, les scènes fourmillent de couleurs et de mouvements pour nous emporter dans un univers fantastique déjanté. Car oui, le monde parallèle dépeint par le film compte un bon nombre de personnages étranges et des décors tous plus bizarres les uns que les autres. Il en résulte un imaginaire foisonnant, haut en couleur et étrangement, offrant également une sacrée noirceur qui ne plaira pas à tout le monde. Mais cryptique… Hélas, plus nous avançons aux côtés de ce jeune garçon et plus une évidence nous saute au visage… nous regardons les scènes se succéder mais nous ne faisons pas partie de l’aventure. Un peu comme si nous étions en retrait d’une trajectoire toute tracée. L’empathie que nous devrions ressentir avec une telle histoire n’a jamais lieu. Pire, nous ne devenons que de lointains spectateurs d’un beau spectacle foutraque et souvent incohérent. La faute à héros qui semble avancer sur des rails sans transformation de sa psyché dans un monde certes fou, mais qui ne repose sur aucune règle établie. Finalement, nous ne sommes pas sûrs d’avoir tout compris de l’idée que souhaitait partager son réalisateur et ce manque de clarté fait défaut à l’ensemble ! Beaucoup d’éléments sont présents sans que nous en cernions le sens. Vous l’aurez compris, ce manque évident de clés de lecture dessert ce film que seul Miyazaki et ses équipes semblent comprendre, disséminant trop d’indice que pour les suivre dans leurs intentions. Ce « Garçon et le Héron » est une fresque visuelle somptueuse comportant de nombreux personnages et décors fantastiques. L’intrigue, bien que sombre, est contrebalancée par une technique maitrisée faite de jolis traits colorés mais aussi beaucoup de rythme.
Durée du film : 2h04 Genre : Animation, drame, aventure Date de sortie en Belgique/France : 1 novembre 2023 De Hayao Miyazaki – Avec Masaki Suda, Takuya Kimary, Kô Shibasaki
Devenu millionnaire grâce à cette pèche miraculeuse, son histoire a inspiré le réalisateur il y a des années déjà. Fort de son expérience précédente, Eric Fraticelli se lance donc devant et derrière la caméra, écrit son scénario et l’adapte largement pour proposer une comédie dramatique portée par un trio attachant. Sonnant souvent faux comme les piécettes romaines découvertes par centaine dans le sable sous-marin de son village corse, le film souffre de nombreux défauts mais garde malgré tout beaucoup de tendresse pour ses personnages principaux campés par Didier Bourdon, Eric Fraticelli et Philippe Corti.
Durée du film : 1h33 Genre : Comédie dramatique Date de sortie en Belgique : 1er novembre 2023 De Eric Fraticelli – Avec Eric Fraticelli, Didier Bourdon, Philippe Corti, Michel Vuillermoz et Lelia Fraticelli |
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