Note du film : ★★(★) (par Muriel) Avis : Suite directe du film sorti en décembre 2024 (voir notre avis sur cette page), on reprend les mêmes personnages là où on les avait quittés, plusieurs années s’étant écoulées entre les deux chapitres. L’école est finie et la vie d’adulte est bien morne lorsque l’histoire reprend. Glinda (Ariana Grande) est devenue l’image officielle de la cité d’Émeraude, guidée par la porte-parole intrigante Madame Morrible (Michelle Yeoh), et le Magicien (Jeff Goldblum) tire toujours les ficelles depuis les coulisses de son royaume de faux-semblants. Elphaba (Cynthia Erivo), quant à elle, vit en recluse dans la forêt, son combat pour libérer les animaux s’étant durci, elle lance régulièrement des attaques afin d’ouvrir les yeux des habitants d’Oz qui restent obnubilés par les mensonges du Magicien et de sa clique. Estampillée “ennemie numéro 1” par Oz, elle est tiraillée entre son combat afin de faire éclater la vérité et sa frustration de ne pas réussir à atteindre le peuple aveugle. Alors que Glinda et Fiyero (Jonathan Bailey) se fiancent en grande pompe (ce dernier un peu malgré lui), les événements s’enchaînent pour Boq et Nessa, la sœur d’Elphaba, menant aux tragiques destins de chacun des personnages. En parallèle, on nous rappelle les événements qui se passent en simultané dans « Le Magicien d’Oz » : la route de briques jaunes, les souliers rouges, la tornade, l’arrivée de Dorothy à Oz, le lion peureux, l’homme en fer blanc et l’épouvantail... Tout s’enchaîne à une allure vertigineuse jusqu’aux retrouvailles déchirantes entre les deux amies de cœur : Glinda la Bonne et la Méchante Sorcière de l’Ouest seront-elles capables de mettre leurs différends de côté afin de vaincre le Magicien et de faire revenir la paix à Oz ? Il faut bien avouer que la rapidité à laquelle s’enchaînent les événements laisse un petit goût de déséquilibre entre les deux chapitres. Peut-être aurait-il fallu faire moins long au premier chapitre ? Mais alors où terminer le premier acte ? En vrai, si l’on prend les films séparément, un an étant passé entre la sortie des deux films, cette cassure de rythme est marquée, mais si l’on prend les deux films comme un seul tout, alors ce petit défaut de tempo est vite gommé. Et puis, le plaisir de retrouver les personnages tant aimés du premier film efface vite les quelques développements précipités, le combat entre le bien et le mal n’a jamais été aussi capricieux car qui représente le bien, qui représente le mal dans cette relecture du monde d’Oz ? La frontière entre les deux forces en présence est plus ténue et complexe que jamais. La beauté de la relation entre Elphaba et Glinda est réellement au cœur de l’intrigue et c’est le message le plus important porté par ce diptyque musical. À ce propos, on retrouve certains thèmes musicaux du premier film, agrémentés de quelques nouvelles chansons, peut-être moins marquantes, mais on ne peut enlever à l’ensemble du casting, à commencer par ses deux têtes d’affiche, un professionnalisme à toute épreuve et une émotion réelle dans leur interprétation. Cette remarque est d’ailleurs autant valable pour les moments chantés (enregistrés en live par les acteurs.rices pendant le tournage, on le rappelle) que pour les scènes dramatiques qui sont plus nombreuses ici. Je mets une demi-étoile en moins par rapport au premier chapitre en raison des menus défauts de rythme, mais l’émotion provoquée est aussi intacte que précédemment. Pour un grand film de spectacle familial, c’est suffisamment rare pour le souligner.
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On se rend compte que beaucoup de choses sont identiques mais que tout a évolué en notre absence : on redécouvre ses quartiers « typés », ses habitants hauts en couleur, l’effervescence de ses quartiers et quelques voisins qu’on prend toujours plaisir à cotoyer. En quelques minutes, « Zootopie 2 » réussit à réactiver sa magie visuelle, grâce à un univers toujours plus détaillé, fourmillant d’idées et de clins d'œil (à d’autres films Disney) à tel point qu’on ne sait plus où donner de la tête. Et retrouver Judy Hopps et Nick Wilde, c’est comme revoir des amis d’étude qui n’ont pas vraiment changé mais qui ont grandi sans nous. Le tandem fonctionne toujours aussi bien, la complicité se développe, leurs sentiments aussi et on évolue toujours avec grand plaisir à leurs côtés. Leur nouvelle enquête (qui concerne cette fois l’expansion de territoires habités au détriment des peuples autochtones, et les stratégies parfois douteuses employées pour légitimer cette conquête) apporte un message on ne peut plus actuel. On sent la volonté de son réalisateur Jared Bush d’aborder des thématiques complexes sans alourdir le rythme, et surtout, en gardant un fil parle aux enfants… tout en amusant les adultes. L’exploration des nouveaux mondes est clairement l’un des points forts du film. Chaque territoire possède sa personnalité propre, ses personnages truculents, des petites nouveautés qui s’inscrustent très facilement dans ce qui existait déjà. On le sent d’entrée de jeux, les équipes artistiques se sont fait plaisir : les décors, les détails, les personnalités, tout est hyper développé et on ne peut que se régaler. Mais si cette originalité est remarquable, celle du scénario l’est beaucoup moins. On peut ressentir un air de déjà-vu dans les mécaniques narratives : les “twists” annoncés un peu trop tôt n’en sont pas, les mécaniques sont les mêmes, tout est prévisible et cela gâche un peu le plaisir… Rien de bien grave dans le fond mais ceux qui espéraient un renouvellement total pourront ressentir une pointe de répétition et on comprend bien vite qu’on est clairement dans une suite bien huilée que dans l’envie d’innover. La réalisation de Jared Bush est propre et son expérience dans le monde de l’animation (le premier « Zootopie », « Encanto ») donne un sens du rythme, un humour visuel et un panel de personnages tous caractérisés. La bande-son de Michael Giacchino apporte comme toujours ce supplément d’âme. Le compositeur offre une partition ample, vivante, parfaitement orchestrée et accompagne le récit à merveille. Au final, « Zootopie 2 » n’est peut-être pas la révolution attendue, mais c’est une aventure généreuse, belle à regarder, portée par un duo irrésistible et un univers toujours aussi appréciable.
Son astuce ? Un montage admirable qui délie les éléments de l’enquête, peu à peu, nous plongeons dans la quête de vérité, celle qui concerne l'agression d’un jeune homme, touché par un flashball lors d’une manifestation des gilets jaunes. Pour nous guider dans cette démarche, on peut compter Léa Drucker totalement habitée par son rôle (comme toujours) qui incarne Stéphanie, une jeune femme qui tente de faire la lumière sur une affaire de violence policière, faisant face aux critiques, à la mauvaise foi mais aussi à la détresse des victimes. Avec son rythme soutenu, le film ne lâche jamais notre attention: chaque coupe, chaque enchaînement apporte son lot de tension, transformant ce qui pourrait être un simple "film-dossier" presque documentaire en un véritable thriller passionnant. Au-delà de l’enquête de terrain qui occupe une bonne partie du récit, on découvre aussi le poids du doute porté par les services de l’IGPN, l’obstination de Stéphanie mais aussi sa solitude. En apportant des petites touches de vie, jamais anecdotiques, on cerne sa personnalité toute en nuances, mais elles nous interpellent aussi le regard critique, souvent stigmatisant, de la société et des confrères sur un métier qui exige une intégrité et une force de caractère. La force des témoignages, filmés avec un aspect quasi documentaire, passionne autant qu’elle déconcerte. Et on mesure ainsi tout le travail fait en amont par Dominik Moll pour que la crédibilité de son récit, de son message soit totale. Si on préfère ne pas s'attarder sur le récit afin de laisser toute la surprise, on doit admettre que la découverte du film a été une vraie claque, tant pour son sujet, son traitement que pour son jeu d'actrice! Avec « Dossier 137 », le réalisateur confirme qu'il est un grand témoin de notre époque, mais aussi un maître du cinéma français. Un lanceur d’alerte à sa manière qui ne verse jamais dans le propos stérile ou racoleur. Il nous montre une réalité dure, parfois choquante, profondément humaine et parfois injuste.
Car même si le programme d’un peu moins de quarante minutes s’adresse aux 3 à 5 ans, les parents apprécieront aussi se plonger dans ces petites histoires toutes mignonnes où de jeunes enfants se confient sur les plaisirs de la neige, de l’hiver, des fêtes, de leur découverte de la Norvège mais aussi sur celui de croiser des petits animaux qui subissent le froid et la poudreuse ou d’un bonhomme de neige qui fond au soleil. Et si on aime toutes les idées et les histoires contées, on doit avouer qu’on a un petit penchant pour celles de Pascale Hecquet qui, a quatre reprises, a su nous toucher et nous émerveiller par son savoir-faire et la sensibilité de ses récits.
Note du film : François ★★★ Avis : Dès son introduction, « Running Man » séduit par son efficacité. Le film s’inscrit dans la grande tradition du cinéma d’action des années 90, celui où un héros solitaire se dresse contre un système corrompu. Et c’est précisément ce que cette nouvelle version met en avant : une lutte acharnée contre une société verrouillée, où l’ascension sociale n’est possible qu’à travers des jeux télévisés spectaculaires, générant des millions de « nouveaux dollars » et diffusés à grande échelle. Le personnage principal, porté par l’excellent Glen Powell, évolue dans un monde profondément divisé entre riches et pauvres. Cette fracture sociale est totale, hermétique, et rend l’univers du film d’autant plus glaçant. La dystopie n’est pas seulement un décor : elle devient le moteur dramatique d’un récit qui interroge notre propre société voyeuriste. Successeur du film culte mené en son temps par Arnold Schwarzenegger, ce « Running Man » se distingue par une mise en scène beaucoup plus ambitieuse. Fini le kitsch et les effets fauchés : ici, le spectacle est sublime, visuellement percutant, et porté par une direction artistique qui impressionne. Le film ne se contente pas d’être une attraction visuelle, il raconte aussi quelque chose de pertinent sur l’avenir sombre qui nous guette. Serez-vous capable de relever les « easter eggs » relatifs à l’ancien Terminator ou à l’univers de Stephen King ? Un rythme sans faille Le tempo est trépidant, sans baisse de régime. Chaque séquence entretient la tension et l’énergie, offrant au spectateur un véritable rollercoaster émotionnel. On s’amuse, on en prend plein la vue, et l’expérience se rapproche d’une attraction à sensations fortes. En définitive, « Running Man » réussit le pari de conjuguer spectacle et réflexion. Visuellement ambitieux, narrativement engagé, et rythmé de bout en bout, il offre un divertissement jubilatoire.
Un scénario efficace ? Oui, plutôt même si son exploitation aurait mérité d’être plus approfondie malgré la petite poésie et l’émotion qu’il peut apporter. Un film qui manque de flair ? Sorti chez nos voisins français sur la plateforme « Shadowz » (consacrée aux films d’horreur) « Good boy » s’est invité dans nos salles, l’air de rien, avec une affiche interpellante et inquiétante. Réalisé avec peu de moyens par son propre maître Ben Leonberg (ça ne s’invente pas !), le film a une démarche inédite, celle d’adopter le point de vue du chien. Si on ne sait jamais vraiment ce qu’il voit, on guette les apparitions fantomatiques lorsque ses oreilles se dressent, son grognement se fait entendre ou son museau s’agite. Plus efficace que n’importe quel ajout numérique ou superficiel, la méthode fonctionne et nous scotche une bonne partie de son intrigue. Le montage et les suggestions jouent avec nos nerfs, le maître passe à côté de tout mais pas notre sympathique toutou ! Car il est adorable cet acteur à quatre pattes. Son amour indéfectible pour son maître, malgré sa propre peur, son besoin de le secourir et de comprendre ce qui arrive nous font aimer notre héros principal instantanément. On découvre l’horreur dans son regard, on craint de jeter un œil dans les couloirs et on vibre avec lui, à sa hauteur, avec son incompréhension mais un instinct qui lui dicte que tout ne va pas bien... Et c’est là le principal (et seul ?) tour de force du film. Car même si la magie opère une bonne partie de son histoire (très courte puisqu’il fait 1h10 générique compris), on n’est jamais vraiment parvenu à adhérer totalement à la proposition. On comprend la métaphore, on cerne les contours et la trajectoire du récit, on est tendu grâce à l’atmosphère si particulière de cette maison où plusieurs drames se sont joués, mais à en croire les dialogues, nous aurions pu en avoir plus. Bel effet d’annonce, « Good boy » fait surtout appel à notre imagination, à notre philosophie, à notre amour pour les canidés. Et lorsqu’on nous montre de façon plus frontale ce qui se trame entre les murs de la maison, on perd tout ce qui faisait, dans ce film, une petite révolution.
Chaque regard, chaque silence, chaque geste semble pesé, chargé d’une intention palpable. L’acteur incarne avec une justesse troublante un homme pris dans les rouages d’un système qui broie les idéaux et manipule les loyautés. Chacune de ses apparitions à l’écran est magnétique, et son interprétation donne au film une profondeur émotionnelle qui dépasse le simple cadre du thriller politique. Intelligent dans sa manière de montrer la terreur, le film montre le pouvoir politique égyptien en place avec un parti unique manipulateur et narcissique. Aussi, le réalisateur Tarik Saleh met en lumière les relations- parfois étroites- entre le Cinéma et la politique pour construire un petit objet de fascination visuelle et narrative. Mais ce qui fait la force des « Aigles de la République », c’est surtout la minutie de sa reconstitution. Les décors sont d’une précision chirurgicale flattant réellement la rétine ! Le souci du détail est partout où notre regard se pose, c’est prodigieux! Les costumes, quant à eux, ne sont pas de simples habits : ils racontent une époque. Ce soin tout particulier contribue à nous immerger et nous pourrions même humer l’air lourd de cette République en crise. Saluons aussi une tension politique, distillée avec une finesse rare. D’ailleurs, le scénario ne cède jamais à la facilité du spectaculaire: ici, le danger est insidieux et même tapi dans les couloirs du pouvoir. Attention toutefois car si les enjeux sont complexes, cela forcera le spectateur à constamment décrypter les non-dits, les alliances mouvantes et les trahisons silencieuses. Hélas, il manque peut-être des scènes mémorables à cet ensemble pourtant très bien dessiné mais souffrant toutefois de quelques longueurs pour en faire une petite pépite.
Et pour cause, il parvient à créer des situations cocasses, des quiproquos, des moments de rires francs et d’émotion intense. L’ascenseur émotionnel bat son plein et on sort de cette histoire un pansement sur le cœur, le sourire aux lèvres, le sentiment d’avoir vécu une leçon d’Histoire animée par un professeur passionné. Petite respiration qui fait un bien fou, « La bonne étoile » est offre des rôles de choix à ses acteurs et une place au cœur du récit pour tous ses spectateurs qui suivront les (més)aventures de Jean Chevalin, incroyable Benoît Poelvoorde. Impeccable, il jongle à merveille entre le costume d’un homme ordinaire (qui déserte « malgré lui » et se retrouve confondu avec un résistant) et celui d’un français qui a l’étrange idée de se faire passer pour un juif afin d’échapper à sa situation… Et si farfelue semble la voie empruntée, on croit à son personnage, on rit avec/de lui et on le plaint aussi. Apportant une vraie légèreté bienvenue, son cheminement permet de dénoncer un contexte historique pesant et horrible et de nous faire entrer dans la culture juive sans gros sabots, un exercice difficile qu’il accompli sans faute. Véritable travail de mémoire accessible à tous (plus jeunes comme plus aguerris), « La bonne étoile » n’est pas une resucée de « La vie est belle ». C’est une proposition originale, incongrue qui marche du tonnerre, un film qui évolue sur le fil de l’humour, de l’émotion sans jamais verser dans le pathos ou l’exagération. Le rire vient toujours désamorcer une situation dramatique sans jamais virer à la facilité ou la caricature, il sert le récit, nous permet de nous remettre d’un moment de tension. Sa galerie de personnages à la fois drôles, maladroits, tendres et un peu paumés aussi nous parlent tous d’une manière ou d’une autre. La complicité entre les acteurs (Audrey Lamy, Pascal Elbé et Benoît Poelvoorde) s’affiche sur notre grand écran, celui où se raconte la guerre, autrement. Comédie dramatique réussie que ne se contente pas d’amuser pour amuser, « La bonne étoile » marque, vraiment. Par son humanité, sa démarche, la tendresse que l’on a pour ses personnages. On rit, on s’émeut, on se sent vivant. Et en sortant, on n’a qu’une seule envie : le revoir, en parler et espérer que d’autres tomberont amoureux de cette proposition, où la légèreté n’exclut pas la profondeur.
Le Predator, figure mythique de la traque silencieuse, devient ici un paria renié par son propre clan. Exit la terreur silencieuse, place à un antihéros presque attachant, accompagné d’une androïde brillante (interprétée avec justesse par Elle Fanning) et d’une créature hilarante qui semble être le cousin éloigné de Yoda. Le ton est donné : Badlands lorgne du côté du buddy movie intergalactique, avec des accents qui rappellent ceux des Gardiens de la Galaxie. Oui, on rit. Souvent. Le comique de situation fonctionne, les dialogues sont vifs, et la dynamique du trio improbable amuse. Mais à quel prix ? La tension, la peur viscérale, l’instinct de survie – tout ce qui faisait le sel de la franchise – s’évapore dans une aventure extrêmement rythmée, ce qui est bien ; mais dénuée de gravité. Le spectateur ne tremble plus, il sourit. Parfois, nous avons été déconcertés par certains choix comme les jambes de l’androïde qui reviennent vers sa propriétaire démembrée, non sans attaquer avec succès d’anciens camarades.. Etrange et pas forcément de bon goût. Et c’est là que les fans de la première heure risquent de décrocher. Une réalisation en demi-teinte Côté mise en scène, « Badlands » peine à convaincre totalement. Si certains décors et effets spéciaux sont réussis, les scènes d’action souffrent d’un manque de lisibilité. Les affrontements, souvent noyés dans des coupes rapides et des angles confus, perdent en impact. On est loin de la clarté brutale des premiers films. Quant à la direction artistique, nous avons déjà été plus impressionnés par d’autres propositions cinématographiques plus marquantes.
Tantôt comique, parfois grinçant et souvent savoureux, le réalisateur s’inspire d’une histoire mais ne donne pas dans la reconstitution. Il se sert de la fiction pour noyer le poisson mais dit les choses, les montre, un peu longuement et nous invite à la danse étrange entre deux antagonistes portés par un duo de choc : celui de Laurent Lafitte (au top de sa forme) et Isabelle Huppert ! Dans son film, Isabelle Huppert est Marianne Farrère, héritière puissante d’une entreprise de cosmétiques qui n’a pas sa langue dans sa poche tandis que Laurent Lafitte incarne Pierre-Alain Fantin, un photographe charmeur et intéressé, un séducteur dangereux prêt à tout pour entrer dans la cour des grands. Ecrivons-le tout de suite, le tandem est tout simplement incroyable, totalement fou : Isabelle Huppert est distinguée, froide, décomplexée, déstabilisée. Son monde aristocratique et très argenté explosera en mille éclats lorsque le détestable mais fascinant photographe entrera dans son quotidien à pas de géants. Chacune de leur rencontre est délectable : échanges verbaux drôles ou cruels, manipulations, chantages, amitié… Les sentiments se mélangent, nos réactions aussi. On rit, on déteste, on apprécie et on s’attendrit. La plus-value du film ? Son casting qui permet d’admirer une palette parfois criarde mais tellement assumée et amusante à regarder ! Lui-même ancien photographe pour un magazine de cinéma prestigieux (Studio pour ne pas le citer), Thierry Klifa sait capturer les regards, filmer les acteurs, les sublimer dans des décors fastueux. Mais il sait aussi mettre en scène, créer un univers fictif qui ne se veut pas qu’une reconstitution parodique. Les personnages ont une psychologie bien bâtie, des caractères bien distinctifs, bâtis, dotés d’une vraie consistance psychologique… Tout est précis : le cadre comme les intentions. On apprécie le mélange entre son intrigue originale et les clins d’oeils fait au monde des Bettencourt d’autant plus que le film assume ses excès, ses dialogues crus, son côté « déjanté ». Et si on apprécie le film dans son ensemble, que l’on rit des punchlines parfois osées, qu’on sourit des situations absurdes, on a aussi l’étrange sensation de rester très longtemps dans cet univers éprouvant. En effet « La femme la plus riche du monde » dure plus de deux heures et le long-métrage nous a semblé par moments vraiment long. e rythme, plutôt bien soutenu, verse parfois dans le bavardage ou dans des scènes dispensables. On perd parfois l’élan, et l’impression que l’on aurait pu sucrer une bonne vingtaine de minutes pour maintenir le cap et notre attention plus importante. L’intention est louable, le ton bien choisi, le spectacle est assuré, mais on s’ennuie ou on s’agace parfois. Si « La Femme la plus riche du monde » séduit par son duo d’acteurs, par sa mise en scène et son ton incisif et jouissif, on s’ennuie parfois de l’excès, des longueurs qui nous font ressentir le poids des heures. Laurent Laffite et Isabelle Huppert sont incroyables, l’histoire (ou la satire) aussi…
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