En effet, le film revient sur les préparatifs du Débarquement de juin 1944 avec pour élément central les conditions climatiques. Tout comme dans la version des années 60, l'enjeu est de savoir si les Alliés peuvent lancer l'opération ou si la météo est telle qu'il faille reporter la plus grande entreprise militaire de l'Histoire. Le hic, c'est que des hommes par milliers doivent attendre, parqués dans des bases terrestres et sur des navires. Et c’est précisément la destinée de ces soldats qui est au cœur de « Pressure », le nouveau long-métrage de l'Australien Anthony Maras. Il nous a d’ailleurs été difficile de ne pas être émus en voyant ces jeunes hommes venus nous libérer du joug de l'Allemagne nazie, dont beaucoup sont morts pour payer de leur sang le prix de notre liberté. Un huis-clos sous tension Le 2 juin à 21h30, les premiers bulletins météo, très défavorables, sont présentés au général Eisenhower (campé par un Brendan Fraser très convaincant). Ces prévisions ont été établies par le colonel Stagg, chef prévisionniste au centre de commandement des Alliés, incarné par un formidable Andrew Scott. C'est en leur compagnie que nous suivons les journées et les nuits précédant les événements du 6 juin. Cependant, si le propos fait songer au chef-d'œuvre de guerre mentionné, il s'en éloigne sur le fond comme sur la forme. Visuellement, il nous faut d'abord mentionner la scène d'introduction, absolument mémorable. Elle prend place lors d'un entraînement qui a mal tourné : l'opération Tigre, où la mer s'est teintée du sang des soldats américains à cause d'une grave erreur de l'état-major, qui a bombardé la plage alors que les troupes s'y trouvaient déjà. C'est dire si le haut commandement ne pouvait se permettre de répéter un tel désastre à cause d'un mauvais timing lors du vrai débarquement. Mais tout le sel du film ne se joue pas sur le sable des plages, plutôt dans les joutes verbales opposant les deux responsables des prévisions météo. Malgré les affirmations de son collègue américain Irving P. Krick (excellent Chris Messina), qui maintient que le soleil sera de la partie, James Stagg en est certain : le débarquement ne doit pas, en raison d'une tempête, se tenir le 5 juin 1944 (la date initialement prévue par les Alliés), mais le lendemain. Il prédit alors une courte accalmie qui faciliterait l'intervention des milliers de soldats sur mer, sur terre et dans les airs. "Nous avions de meilleurs météorologues que les Allemands." — Dwight D. Eisenhower Le général Eisenhower se retrouve ainsi confronté à un terrible dilemme : maintenir l'opération au risque de perdre la guerre, ou se fier à des prévisions qui ne sont pas une science exacte et bouleverser tous les plans établis. Cette adaptation d'une pièce de théâtre de David Haig, à la mise en scène très classique, prend la forme d'un huis-clos où les discussions musclées entre hommes de pouvoir éclipsent les scènes de bataille. Entre ces deux experts, ce sont deux visions qui s'affrontent : Krick, à l'approche plutôt climatologue, estime qu'on peut prévoir le temps en se raccrochant à l'Histoire. Pour lui, si les conditions météo en 1925 étaient identiques, le résultat doit l'être aussi. Stagg, beaucoup plus prudent, soutient que la météo ne se répète jamais à l'identique, chaque région du monde dépendant de trop nombreux paramètres. Enfin, ce casting très masculin peut compter sur la présence lumineuse de l'actrice irlandaise Kerry Condon, parfaite dans le rôle de Kay Summersby, la secrétaire et confidente d'Eisenhower.
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