Mais ce qui devait être un simple séjour sportif pour Ben glisse lentement vers un drame psychologique où nos émotions vont être mises à rude épreuve. De nouveau venu et spectateur d’un jeu malsain, il glisse vers le rôle d’un complice compatissant à celui d’une victime qui étouffe sous la perversité de ses jeunes bourreaux. Excellent dans sa forme comme dans son fond, « The plague » interroge, interpelle, choque autant qu’il émeut. Car si nous assistons impuissants aux mécanismes du harcèlement, la pensée que cette histoire touche près de 1 adolescent sur 5 donne encore plus de puissance à son propos. Loin des clichés habituels, Charlie Polinger prend le temps de poser le décor, d’observer, d’obscurcir son récit, de le rendre presque insoutenable par moments. La cruauté des comportements des harceleurs est tellement bien mise en scène et est tellement bien interprétée que l’on en oublie l’aspect fictionnel du récit et que l’on enragerait presque dans notre fauteuil. Sa construction, sa lumière, ses prises de vue et ses dialogues minimalistes, tout est pensé pour rendre l’expérience mémorable. « The Plague » force le respect de bout en bout, tant par son jeune casting admirable (Everett Blunck, Kayo Martin et Kenny Rasmussen en tête) que par sa réalisation maîtrisée sur bien des aspects. C’est un uppercut qui nous sonne, un film admirable où les adultes se retrouvent au second plan et où les enfants prennent toute la place, tout comme son récit.
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