Il fait appel de nouveau à Denzel Washington, son frère de cœur, c’est leur cinquième collaboration, on peut dire que l’acteur doit le lancement de sa carrière au réalisateur, mais ça faisait pourtant presque 20 ans qu’ils n’avaient plus travaillé ensemble, la dernière fois c’était pour « Inside Man » en 2006. La dream team ou plutôt le dream duo remet donc ça avec ce « Highest 2 lowest » qui est en fait le remake d’un film de Akira Kurosawa de 1963, « High and Low ». L’histoire est sensiblement la même : dans le Kurosawa c’est un entrepreneur qui veut mettre la main sur une grosse usine de chaussures au Japon et dans le Spike Lee, c’est un patron de grand studio de musique à New York, dans les deux cas on tente de kidnapper leur fils dans l’espoir d’obtenir une forte rançon et c’est le fils du chauffeur qui est enlevé à la place. Dans les deux films, le chef d’entreprise doit décider s’il aide son employé en livrant la rançon pour récupérer l’adolescent, au risque de se ruiner lui-même. Tout risquer pour son propre enfant, oui, mais quand il s’agit de quelqu’un d’autre, c’est un autre discours. Le film balaie un peu tout de la morale à deux vitesses à la surmédiatisation, de l’incompétence de la police à la vision biaisée des jeunes au sujet de la fortune et de la célébrité. Et en lieu et place d’un thriller haletant et dramatiquement fort, Spike Lee transforme finalement le propos pour en faire un film à lui, avec ses propres codes, on y retrouve son attachement à la musique et à la ville de New York, à la mise en avant de sa communauté. Et même si le film est inégal sur la longueur, je ne peux pas dire que c’est un mauvais film, le sujet est traité de façon plutôt atypique par rapport à nos attentes, mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Spike Lee sait comment raconter une histoire, Denzel Washington est toujours fascinant, quoiqu’il joue, et rien que pour ça, ce « Highest 2 Lowest » très dynamique vaut la peine d’être vu, même s’il ne restera pas parmi les grandes réussites du réalisateur, je pense. Ce qui nous mettra toutes et tous d’accord, c’est la bande son qui met en avant la musique afro-américaine, du rap de ASAP Rocky à la soul de Isis Naija Gaston (alias Ice Spice), les chansons font partie intégrante du film et restent avec vous bien après la fin du générique.
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C’est l’histoire plus ou moins véridique de la soirée de lancement en 1975 de la toute première émission de SNL, le « Saturday Night Live » (le mot “Live” n’apparaissait pas encore dans le titre au début), la mythique émission humoristique de la chaîne NBC où les stars se bousculent toujours autant de nos jours pour apparaître aux côtés de la crème de la comédie américaine. A l’époque, on y trouvait des comédiens tels que Dan Aykroyd, Jim Belushi, Jane Curtin ou Chevy Chase, tous allaient se faire connaître - et faire carrière au cinéma - grâce à cette émission corrosive tournée en direct, contournant la censure et reflétant l’état d’esprit de la jeunesse des seventies qui dénotait complètement face à la télévision de papa.
Le film se passe dans les coulisses de l’émission dans les heures qui ont précédé le lancement et recrée parfaitement la tension et la frénésie de ce chaos sans filtre qui allait changer à jamais l’image de la télévision américaine et nous parvenir d’une certaine manière 10 ans plus tard à la télé française avec « Les Nuls » sur Canal +. On est ici en plein dans la nostalgie, dans l’hommage, on peut regretter que le tout soit un peu trop lisse, pas vraiment drôle malgré le sujet – ce qui est assez contradictoire - et surtout que les personnages féminins sont sous-exploités (une grossière erreur, évidemment). Néanmoins, le rythme est vif, on suit la caméra dans les coulisses à la rencontre des protagonistes sans ennui aucun, et au final c’est loin d’être déplaisant, les acteurs (et quel casting !) se glissant dans la peau de leurs prédécesseurs avec une grande aisance. Même s’il ne restera pas comme le meilleur film de la filmographie de Jason Reitman (« Juno », « Tully », « S.O.S. Fantômes l’Héritage »), le long métrage n'est pas dénué de charme et permet aux plus jeunes générations de vivre la genèse d'un phénomène de la pop culture. Date de sortie : 17 mars 2025 Comédie - 1h49 - En VOD et sur Netflix - De Jason Reitman - Avec Gabriel LaBelle, Rachel Sennott, Cory Michael Smith, Ella Hunt, Dylan O’Brien, Matt Wood, Nicholas Braun, Finn Wolfhard, Willem Dafoe et J.K. Simmons - Bande annonce
On doit au réalisateur américain des films plutôt appréciés comme « Doctor Strange » ou « Black Phone » (avec Ethan Hawke en serial killer). Cette fois ce sont Anya Taylor-Joy et Miles Teller qui forment ce couple atypique au cinéma puisqu’ils sont séparés pendant la première heure du film par un gouffre, les fameuses gorges du titre. Ce sont en fait des mercenaires engagés pour une mission en solitaire, chacun sur son versant, à surveiller depuis un mirador ce qui pourrait sortir du gouffre embrumé sous eux. Pour nous, la mission est au début tout aussi mystérieuse que pour eux, on comprend juste que c’est un relent de la bonne vieille guerre froide entre Ouest et Est car il est américain et elle est lituanienne.
Au fil des semaines et des saisons, ils vont faire connaissance à distance, occupant leur temps comme ils le peuvent, jusqu’à tomber amoureux et braver l’interdiction d’essayer de se rejoindre. Pendant ce temps-là, on a l’occasion de voir que le gouffre est habité par des créatures humanoïdes et belliqueuses qui tentent de remonter à la surface. La mission est donc de les en empêcher. Cette première partie du long métrage est franchement intéressante, la présence de Sigourney Weaver dans un second rôle ajoutant à la filiation thématique avec la saga « Alien ». Malheureusement, une fois qu’on découvre ce qui se trame dans le gouffre, on se retrouve un peu en terrain de série B qui ne déplairait pas au public du BIFFF ou aux amateurs de jeux vidéo où l’on doit dégommer des monstres, mais qui ne permet pas tout à fait à l’histoire de maintenir l’intérêt de la première partie. Le film séduit finalement grâce à des effets spéciaux de très bonne facture, à une tension de chaque instant et, comme dit plus haut, à son duo d’acteurs plein de charme qui rend crédible une histoire un peu tirée par les cheveux. À voir donc, pour les acteurs et bien sûr si on aime la science-fiction horrifique et l'artillerie lourde. Date de sortie : 14 février 2025. Action, fantastique - 2h07 – Sur AppleTV+ – De Scott Derrickson avec Anya Taylor-Joy, Miles Teller, Sigourney Weaver, Sope Dirisu et William Houston – Bande annonce Résumé du film : À Londres, pendant la Seconde guerre mondiale, un jeune garçon de neuf ans prénommé George est évacué vers la campagne par sa mère, Rita, pour échapper aux bombardements. Déterminé à retrouver sa famille, il entreprend un voyage épique et périlleux pour rentrer chez lui, tandis que sa mère est à sa recherche. Note du film : Muriel ★★(★) Avis: Le nouveau film de Steve McQueen (« Hunger », « 12 Years a Slave ») a atterri directement sur la plateforme Apple TV+. Un sujet et un traitement plus “grand public” que ce à quoi nous a habitué le réalisateur britannique jusqu’ici, et s’il restera sans doute un film mineur dans sa filmographie, ce n’en est pas moins un film surprenant à plus d’un titre. Il nous propose de suivre l’épopée d’un enfant un peu trop têtu pour son propre bien qui refuse d’être éloigné de sa mère pendant les bombardements des Allemands sur Londres – le fameux Blitz du titre.
La Seconde guerre mondiale est montrée à travers la vie quotidienne des habitants de la capitale : les femmes qui travaillent dans les usines qui participent à l’effort de guerre, comme on disait; les maisons et les commerces qui sont détruits; les bars et salles de fête qui continuent à fonctionner pour divertir le peuple; les descentes dans les métros et autres abris de fortune lorsque la sirène d’alerte retentit dans la nuit... Et au milieu de tout ça, les enfants. La plupart sont envoyés à la campagne où ils sont moins susceptibles d’être pris sous les bombardements. Parmi eux, le petit métis George (le nouveau venu Elliott Heffernan) élevé par sa mère Rita (Saoirse Ronan) et son grand-père Gerald (Paul Weller) et qui va sauter du train pour rentrer chez lui par ses propres moyens, en dépit du danger. En route, il va croiser tout un petit monde de personnes, certaines bien intentionnées, d'autres beaucoup moins. L’occasion pour le film de nous montrer la réalité de ces années de guerre, même loin du front. McQueen en sort un mélodrame de survie qui ne se veut ni misérabiliste ni idéaliste (quoique Dickens n’est pas loin par moments), George traversant de sa candeur les mésaventures rocambolesques qui rythment sa tentative de retour au bercail, faisant fi de tous les dangers. En parallèle, sa jeune mère célibataire - jouée par Saoirse Ronan (« Les Filles du docteur March », « Lady Bird ») dans une composition très délicate - se persuade qu’elle a fait le bon choix en éloignant son fils, avant d’apprendre que celui-ci n’est pas arrivé à bon port, l’insouciance feinte laissant alors la place à l’angoisse bien réelle. Moins réussi est le personnage secondaire joué par le décidément prolifique Harris Dickinson dans le rôle d'un pompier taiseux dont on devine plus qu'on ne comprend les liens qui l'unissent aux protagonistes. Bien sûr, comme dans toutes les œuvres de McQueen, le film n’évite pas de traiter de la discrimination raciale, dans le flashback nous donnant à connaître le père de George et bien évidemment dans le cheminement personnel du jeune garçon. Visuellement le film parvient à trouver de la beauté dans la noirceur, montrant au plus près les personnages et leurs comportements dans la catastrophe ambiante et le montage nous proposant de très beaux plans avec une vision d’en haut sur ce microcosme, la musique dissonante de Hans Zimmer et l’utilisation de silences à d’autres instants participent à cette sensation d’étouffement écrasant. Blitz est au final un conte noir à la facture classique et aux rebondissements rocambolesques mais qui n’hésite pas à montrer l’horreur, se la joue blockbuster catastrophe le temps d’une séquence dans le métro, met en avant - tout en restant en surface - l’existence des minorités et parvient malgré tout à garder cette qualité délicate qui fait que nous gardons en mémoire les visages et les images de l’histoire ainsi racontée. Date de sortie en Belgique : 22 novembre 2024. Drame - 2h00 – Sur AppleTV+ – De Steve McQueen avec Saoirse Ronan, Elliott Heffernan, Harris Dickinson, Benjamin Clementine, Erin Kellyman, Stephen Graham – Bande annonce
On retrouve George Clooney et Brad Pitt pour leur cinquième collaboration (après les 3 « Ocean’s » et « Burn after reading » des frères Coen), ils sont amis à la ville, on le sait et ça se ressent dans ce buddy movie qui fonctionne essentiellement grâce à la dynamique entre les deux acteurs, une relation de haine-amour qu’ils font passer avec beaucoup d’humour.
La trame du film est simple : deux nettoyeurs solitaires sont appelés pour la même mission; dans une chambre d’hôtel de luxe, un problème de cadavre est à régler. Oui, ils sont ce genre de nettoyeurs. Ils ne se connaissent pas, n’ont pas vraiment les mêmes méthodes mais sont forcés de bosser ensemble. Sauf que le corps en question se réveille (la drogue, c’est mal...) et va causer bien du souci à notre duo improvisé. Écrit et réalisé par Jon Watts dont c’est le premier projet depuis la trilogie « Spider-Man » avec Tom Holland, le film est bien ficelé, plutôt prenant dans la montée crescendo de l’action et des péripéties auxquelles va être confronté ce trio improbable le temps d’une nuit. Le film doit tout aux deux acteurs principaux, c’est évident. C’est drôle, plutôt pas mal construit, une bonne pioche qui devrait plaire à un large public. Date de sortie en Belgique : 27 septembre 2024. Policier, comédie - 1h48 – Sur AppleTV+ – De Jon Watts avec George Clooney, Brad Pitt, Austin Abrams, Amy Ryan, Poorna Jagannathan – Bande annonce
Pendant plus d’un an, Inès Benazzouz, plus connu sous le surnom d’Inoxtag s'est donné les moyens de réaliser son rêve et, par la même occasion, de le porter sur grand écran. Véritable phénomène socioculturel, nous nous devions de regarder ce projet qui a demandé à son créateur énormément de ressources. Visuellement somptueuse, l’aventure proposée repose sur des décors grandioses. En effet , avant de marcher sur le toit du monde et ses 8849 mètres, Inoxtag et ses copains ont commencé leur entraînement à Chamonix pour ensuite gravir l’Ama Dablam au Népal. Construit à la manière d’un entraînement, le résultat flatte agréablement la rétine. Au programme, entraînement physique et test à l’effort, apprentissage des méthodes liées à l’alpinisme aux côtés de vrais spécialistes et réflexion sur la manière de concilier la création de contenus sur les réseaux sociaux et l’objectif qui demande évidemment des sacrifices. En filigrane, on y trouve également une vision de la jeunesse d'aujourd'hui et la place qu'elle cherche à occuper dans la société. Mais aussi, les aspirations de cette génération qui cherche à vivre “grand” pour se sentir “vivant”. Cela passe par la poursuite des rêves et un appel du youtubeur à une déconnexion des smartphones pour enfin vivre. Ce décalage entre la personnalité construire de la vie professionnelle d’Inoxtag et son discours incitant au décrochage numérique peut prêter à sourire mais on le sent sincère dans son discours. Pour autant, le tout transpire tout de même d'un aspect fortement egocentré du personnage, qui, bien que faisant intervenir d’autres personnes, ne leurs donnent pas forcément la place qu’on aurait espéré. Ainsi, ses parents ont l’air formidable et il aurait été intéressant de mieux entendre leurs points de vue sur le parcours de leur fils et la peur certaine qu’ils ont dû avoir face à un tel projet. Et puis, au niveau de l’ascension, quel dommage de ne pas prêter davantage attention aux sherpas et à leurs vies. Bien sûr, nous les voyons mais la parole ne leur est jamais vraiment accordée et c'est bien dommage. Et oui, d’autres questions plus “techniques” nous viennent en regardant ces belles images. Hélas, elle ne trouveront pas de réponse. L’exemple le plus marquant est ces camps nichés en hauteur… qui les montent? Comment les “routes” et autres tracés sont mis en place? Comment les sherpas appréhendent (aussi fortement chargés) leurs ascension ? Finalement, tout l’envers du décor n’est pas présenté. Et donc, si l'aspect humain ne trouve pas grâce ici, l’aspect informatif non plus… Inoxtag passe donc à côté d’un potentiellement très chouette documentaire pour proposer un récit basé sur le coaching et son aspiration profonde. D’ailleurs, cheminant avec le chapeau de Luffy ("One piece") dans le dos, Inoxtag va à la rencontre des autres et se motive plus qu’il n’entend réellement les autres… l’égocentrisme qu’aurait refusé Luffy, Son Goku et cie est donc paradoxalement latent ici. Pour le reste, Kaizen représente bien le film ultrarythmé et parfaitement réalisé que la génération actuelle attendait. Maladroit à plusieurs reprises (le sponsoring clairement énoncé en est l’exemple le plus frappant, tout comme “l’accessibilité” financière relative d’un tel projet pour le commun des mortels), l’oeuvre n’en reste pas moins plaisante à suivre et se terminera par un beau message adressé aux jeunes. Et ce n’est déjà pas si mal! Date de sortie: 13 septembre 2024 Durée du film : 2h 40min, Genre: documentaire, Par Basile Monnot, Samy Bouyssié avec Inoxtag.
« ISS » c’est le dernier film de Gabriela Cowperthwaite qui s’était fait un nom dans le documentaire. D’ailleurs, elle nous a confié qu’elle s’était précisément servie de cette approche « réaliste » pour nous concocter ce petit ovni de la liste des films en compétition. Avec son pitch séduisant, « ISS » nous emmène dans l’espace à bord de la fameuse station. Aussi, jamais nous ne voyons la Terre si ce n’est d’un hublot de l’espace. Et puis, le film se déroulant dans un avenir proche, nous n’avons pas l’impression d’assister à un film de science fiction et pourtant… Le thème sent bon une nouvelle Guerre Froide qui déchire la Terre et dont les conséquences se feront sentir dans l’espace. Car l’équipage constitué de trois astronautes américains et de trois cosmonautes russes ont pour consigne, de prendre coûte que coûte le contrôle de la station ! Et si le résumé est alléchant, le résultat à l’écran est on ne peut plus réjouissant ! Alors que le début du film nous montre les différences de mentalités entre les membres de l’équipage, la suite exacerbera un peu plus des tensions qui monteront crescendo pour finir dans une effrayante violence qui révèle les nombreuses parts d’ombre des protagonistes.
- Vu par Isabelle - Résumé du film: Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza ! Masashi, lui, a réalisé le sien : devenir photographe. Grâce à son travail, il va permettre à chacun de réaliser que le bonheur est à portée de main. Plongée loufoque et touchante dans la vie d’une famille japonaise. Masashi Asada rêve depuis l’enfance de devenir photographe. Son talent et son audace vont permettre aux membres de sa famille de réaliser un peu les leurs. Mais, Masashi, électron libre de la famille ne semble pas réussir à se poser et prendre ses responsabilités. Le Tsunami qui frappe le Japon en 2011 va tout changer. Basé sur une histoire vraie, ce film est une bouffée d’air frais venue d’Asie. Il fait du bien cet autre regard sur le mode de fonctionnement familial, la place de chacun, la manière d’exprimer son amour. On découvre à travers des personnages attachants une culture bien différente de la nôtre.
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